Carnet de route de Caloulaframboiz

2 avril, 2014

14-18

Classé sous Bout de chemin — caloulaframboiz @ 15:57

J’ai suivi tous les épisodes de Apocalypse la première guerre mondiale, et aussi l’émission qui a suivi hier soir, depuis la galerie des glaces. J’ai trouvé ça totalement passionnant. Les images colorisées et le son donnaient l’impression d’ y être, le documentaire avait le mérite de montrer tous les pays concernés, tous les champs de bataille.

Émotion face à ces soldats au regard perdu, poils qui se hérissent devant les stratégies funestes des dirigeants, effroi face à l’inventivité des hommes pour tuer toujours plus. Et puis Malavoy montrant, tout ému le portefeuille de son grand-père mort en 15, portefeuille troué de part en part par les balles ennemies. Les larmes de la petite fille d’un poilu fusillé pour l’exemple. Cent ans après, chaque famille a encore bien vivante son histoire de la Grande Guerre.

Pour moi, c’est mon grand-père au fond d’une tranchée avec ses compagnons d’armes; au-dessus, les « boches » qui canardent à tout va…Le lieutenant  leur donne l’ordre de monter à l’assaut. Les hommes terrorisés ne bougent pas. Le lieutenant sort un pistolet et les menace:  » ceux qui n’y vont pas,  je leur brûle la cervelle! » Les soldats montent sous le feu, confusion, tirs nourris, des hommes tombent. Lorsque mon grand-père revient dans la tranchée, sa capote est percée de part en part au niveau du ventre, mais il n’a rien. « Juste une blessure au pouce, un miracle.

C’est mon grand-oncle, rescapé de Verdun. Ses copains disaient de lui qu’il  » sentait la poudre ». Un jour, à l’arrière, lui et ses hommes jouent aux cartes dans un abri forestier. Les obus tombent loin… et puis mon grand-oncle qui se lève d’un bond:  » sortons de là, ça va sauter! » A peine dehors, un obus détruit totalement l’abri. Plus de deux cents jours à Verdun, et il est revenu vivant.

 

23 mars, 2014

De ces choses entendues dans la cour…

Classé sous Bout de chemin — caloulaframboiz @ 19:23

…j’ai voulu modifier l’article, je l’ai effacé…je l’ai récrit…je l’ai pas enregistré….blonde attitude^^

Deux gamines de CP dans la cour, assises sur le muret. Elles colorient une princesse dans un livre de coloriage.

-Tiens, le jaune pour les cheveux!

-Non, je vais pas la faire blonde, je vais la faire normale.   :-)

 

Un collègue directeur en ZEP convie les élèves à participer à la cérémonie du 11 novembre, les élèves présents liront un texte devant le public. Le jour-dit, trois élèves répondent présents: un primo arrivant serbo -croate, un autre débarqué de Roumanie et un autiste…

 

Deux grandes de CM  dans la cour:

-J’ai pas le droit d’aller jouer chez Priscilla.

-Pourquoi?

-Parce que ma mère, elle a dit que sa mère, c’était une chaudasse.

 

Au carnaval, vendredi, un garçon de ma classe s’est déguisé en fille: perruque blonde, faux seins, maquillage et talons hauts.

-Lui, remontant pour la énième fois sa fausse poitrine et arrangeant sa perruque: Pffff, c’est nul d’être une fille!

Son copain, l’air averti: Ben, tu verras, quand on sera grand, il paraît qu’on dira pas ça!     :-)

 

13 mars, 2014

Paris,Paris…

Classé sous Bout de chemin — caloulaframboiz @ 18:03

expo Van Gogh

Cela faisait trois ans que je n’avais pas mis les pieds à Paris…peut-être dix ans que je n’avais pas vu la ville sous un tel soleil de gala. J’ai retrouvé mes amies si précieuses…bla blas infinis et fous rires sur tous les sujets, en sautant si possible du coq à l’âne, parce qu’on se comprend et que notre cheminement de pensée est tout sauf linéaire…Aline qui est venue du Vexin pour me voir juste deux heures…c’est bon de sentir qu’on est aimé…Parisiens vêtus légers, alanguis aux terrasses des cafés, embouteillages, du monde partout, la vie qui mêle et démêle à l’infini ses fils invisibles…

Je n’avais jamais visité le musée d’Orsay. Émotion face aux toiles que je connaissais seulement en reproduction! Tout le sensible de la peinture, les infinis nuances de la lumière, le vent qui fait frémir les arbres, la fraîcheur d’un sous-bois, et ce lieu magique de la gare d’Orsay…Autre lieu, autres mœurs: l’Assemblée Nationale. On a pu  la visiter à l’impromptu. Tous les fastes de la République ouverts au bon peuple de France: ça y sent l’encaustique et la poussière retenue dans les moquettes, les fauteuils des salles de lecture sont larges comme des boulevards,nos pas s’enfoncent dans les moquettes bleu-fleur de lys profondes, et l’hémicycle nous  impose le respect. Le personnel n’est pas débordé… de charmants jeunes hommes se proposent pour nous aider dans nos errances républicaines. Quelques têtes connues de députés croisées au hasard , des caméras qui interviewent des gens très sérieux, et nous pouffant devant l’ostentatoire… un homme  affublé d’un ordinateur et de deux téléphones est chargé de mettre dans les casiers adéquats les messages perso adressés aux députés. Les casiers sont presque vides. Autant dire que le temps lui paraît long, très long…

Paris la nuit  est une autre ville, le lundi soir, les restos refusent du monde… dans ma campagne, le lundi soir, une mobylette qui passe au loin semble suspecte. Théâtre de Paris. On a des places pour Un singe en hiver. Avant d’entrer, un homme laisse son 4-4 à un voiturier. Scène toute bête, qui me fait sentir tellement provinciale… Des dames très huppées dissertent sur le livre dont est extrait la pièce… Monde feutré et petits rires retenus. Je ne boude pas mon plaisir.Eddy Mitchell et Fred Testot  sont excellents, les dialogues savoureux…Nuits courtes, journées denses, je reviens ravie et les jambes en compote. On se fixe déjà une nouvelle date pour une autre escapade entre copines. C’est peut-être ça le savoir-vivre :-)

6 mars, 2014

Sur la route

Classé sous Bout de chemin — caloulaframboiz @ 19:50

Je suis allée à la poste et j’ai été gênée par l’odeur de celui qui me précédait dans la file d’attente. Il était énorme, il était moche, il avait les cheveux gras et  il sentait mauvais. Sa femme l’a rejoint: elle était énorme,  les cheveux gras, un jogging difforme pendouillant, une poitrine outrancière dodelinant comme de la gélatine. Et puis j’ai jeté un œil au  bébé dans la poussette qu’elle traînait: une petite fille magnifique, blonde aux yeux bleus,  fossettes à croquer, un de ces bébés qu’on fait poser  pour les catalogues de vêtements pour enfants …Les hasards de la génétique… Ou bien elle n’a pas encore l’âge de prendre des Mac Chicken double frites…

Et puis j’ai voulu aller boire le thé chez la copine. Cela faisait longtemps que je ne l’avais pas vue, elle m’a raconté tout le moche de sa vie. Son mari qu’elle ne supporte plus, ce qu’il a dit, ce qu’il a fait, le SMS qu’il lui a envoyé,  le soir où il s’est endormi dans l’assiette, la semaine où il ne lui a pas adressé la parole, les matins où il réveille tout le monde à force de râler pour un oui pour un non…je ne dois pas être une très bonne copine: j’ai fui sa litanie, j’ai prétexté que j’étais attendue…

Et j’ai pris la voiture , direction le bord de la rivière: plein soleil, ciel bleu, ce qu’il fallait de vent pour faire danser le paysage, de l’eau pure, quelques promeneurs…Pendant l’hiver, la petite chute d’eau a bien travaillé, elle a réussi à faire un petit trou dans le rocher calcaire, l’eau s’échappe par là et bondit plus bas sur la mousse…j’ai bien fait de gommer certaines choses, moi, cet après-midi…

19 janvier, 2014

Au revoir là-haut

Classé sous Coups de coeur — caloulaframboiz @ 15:03

 

 

 

revoir-la-haut-1393495-616x0Cela faisait bien longtemps que je n’avais pas été emballée par un livre. J’ai même lu ces derniers temps de franches nullités. Celui-ci, Au revoir là-haut, j’en ai entendu parler à la radio. Je l’ai lu en 3 jours sans pouvoir  m’en détacher sauf quand mes yeux demandaient grâce.

«Pour le commerce, la guerre présente beaucoup d’avantages, même après.» Sur les ruines du plus grand carnage du XXe siècle, deux rescapés des tranchées, passablement abîmés, prennent leur revanche en réalisant une escroquerie aussi spectaculaire qu’amorale. On côtoie une gueule cassée qui tourne à la morphine pour supporter la douleur, un pauvre gars devenu parano qui fait ce qu’il peut pour trouver sa place dans l’après-guerre, partout le profit, les magouilles, le cynisme et malgré tout l’entraide, la folie pour se sentir encore vivant, l’amitié…

Ce qui m’aura le plus marqué, c’est cette scène saisissante où le soldat réfugié dans un trou d’obus se fait ensevelir vivant après qu’un mortier ait éclaté jute à côté de son abri. Il meurt suffoqué et on vit ça avec lui. Horriblement bien écrit.

Bon,je ne raconte pas toutes les petites merveilles « son visage n’était pas gracieux mais elle était très belle de dot », je ne dévoile pas non plus les multiples rebondissements… Je regrette juste un peu la fin, presque trop facile après 400 pages de péripéties…

3 janvier, 2014

le fric, c’est pas chic

Classé sous Réflexions qui n'engagent que moi — caloulaframboiz @ 12:16

Hier soir, entendu aux infos sur la 2: « Le magazine xxxxx vient de révéler le top 100 des personnalités les plus riches au monde. En tête, le retour de Bill Gates avec 14 milliards de dollars …bla bla bla ,Liliane Bettencourt se classe en quinzième position. Photo de la vieille dame, bien droite dans son fauteuil, le regard perdu dans le vide, maquillée comme une voiture volée..Puis autres photos des plus riches, dirigeants de sociétés haut placées dans le CAC 40 .Franchement, on s’en fout! Ce serait tellement plus beau de révéler le top 100 des personnes les plus heureuses au monde. En tête, Ginette, du 19ème arrondissement de Paris, elle vit enfin avec l’homme qu’elle aime, son chat disparu a refait surface la nuit de la Saint Sylvestre et ses copines lui ont fait une super surprise pour son anniversaire. ça aurait de la gueule, non?

Fêtes passées

Classé sous Bout de chemin — caloulaframboiz @ 0:02

Il  aurait fallu pouvoir gommer certaines choses, la fébrilité commerciale, les Gingle Bells qui nous vrillent les tympans, les motards déguisés en pères Noël sur la nationale, les bêtisiers à la télé et  les insultes échangées pour la dernière place dispo sur le parking du supermarché. Mais sans ça, Noël ne serait pas vraiment Noël. J’ai pris quelques photos le 25 décembre pour immortaliser, et puis j’ai laissé tomber, prendre des photos c’est juste être spectateur de l’émotion. Tous ceux que j’aime autour de la même table, avec des rires, des cris, des blagues grasses, et des traits de philosophie, avec la petite dernière pourrie- gâtée qui ne sait plus où donner de la tête et les mets qui se succèdent sur la table comme autant de promesses gourmandes. On parle fort et on passe du coq à l’âne, des huîtres au chapon farci, de Hollande au dernier film de Scorsese dans un joyeux bordel bruyant de cantine.  Les joies de la famille nombreuse. Belote pour les anciens, promenade sous les nuages chargés qui remontent du sud pour les autres, journée qui joue tard les prolongations juste pour le plaisir de rester encore ensemble.  » A l’an qué ven, que sien pa plous,  sien pas moins », trinquent les anciens.   Tout est là. :-)

Il aurait fallu pouvoir éviter la bataille rangée de boules à cotillons, les bises à des gens que je ne connais pas, le pote qui a passé la soirée à envoyer des SMS à sa chérie… Jour de l’an avec des amis et un orchestre du tonnerre, des voix juste sublimes, et une présence scénique au top! Pour la première fois de l’année 2013, j’avais mis une robe noire courte, des talons très hauts, des strass. Même si on fait style « naan naaan c’est trop », on rougit un peu sous les compliments, ça fait du bien au moral…On danse jusqu’à pas d’heure et on finit pieds nus sur le dancing floor, sur le chemin du retour, je me fais contrôler , alcootest égal à zéro, j’ai droit à  » Tous mes vœux pour la nouvelle année » de la part du gendarme, et je dors onze heures d’affiliée pour me remettre.

J’aurais pu trouver tout ça ringard, faire ma mauvaise tête et me scotcher devant un quelconque film, mais naaan naaaan c’est bien décidé, carpe Diem!

14 décembre, 2013

Dark side

Classé sous Non classé — caloulaframboiz @ 19:03

Elle est bizarre cette fin de trimestre. Aussi sombre que les jours sombres de décembre à l’approche du solstice. D’abord, cette maman d’élève qui, plusieurs fois de suite vient chercher ses enfants à la garderie dans un état d’ébriété avancée. Le directeur, elle et moi dans le bureau …elle pleurant à chaudes larmes, hoquetant que si on fait le signalement, elle va perdre la garde de ses gosses. Elle me regarde d’un air hagard, cherchant de la compassion. Je comprends sa peine, et je pense aux deux petits bonshommes qui passent leurs soirées tout seuls pendant que maman décuve sur le canapé. Ce soir-là, son haleine éthylique et tabagique me soulève le  cœur.

Cette autre  maman en larmes qui m’explique avec des mots pudiques que son mari a une maladie très grave, que le traitement va commencer la semaine  qui suit. Sa voix se brise, je trouve des mots…des mots tellement bêtes, je lui dis qu’elle peut compter sur moi pour tout ce qui concerne la petite, je lui souhaite plein de courage. Deux jours après, même topo, un autre papa touché aussi par un cancer. « On a tout dit à la petite, on n’a pas voulu lui mentir ». Elle me parle sans cesser de sourire. Un sourire pour faire comme si elle gérait tout. Ironie du sort, les deux petites sont assises à côté en classe. Je les vois chuchoter longuement, je m’abstiens de tout commentaire et de rappel au silence…

Et puis l’autre soir, une maman qui veut me voir en urgence. « Quelque chose de terrible circule dans les cartables à votre insu », m’écrit-elle dans le cahier de liaison. J’imagine des trucs sordides, des médicaments, un couteau, des préservatifs? C’est un magazine de la presse féminine, un des ces trucs minables à 1€, avec en gros titres « la pilule troisième génération est là », « le sexe après la naissance de bébé » et  « fashion pour moins de 100€ »….la revue a atterri après bien des échanges dans le cartable de la famille la plus catho de la commune…. après petite enquête, c’est la dame de la cantine qui fournit les revues aux filles de la classe…ça fait un peu beaucoup pour une fin de trimestre, non?

27 novembre, 2013

Tea time

Classé sous Non classé — caloulaframboiz @ 12:50

teatime

Tous les soirs, c’est devenu un rituel: à l’école, avec les copines, on boit le thé. Une manière de déguster l’instant où l’école se vide de ses élèves.  Juste avant, c’était les cris, les bousculades, l’excitation, les « maîtreeeeeesse,je trouve pas mon manteau! », les derniers sprints pour ne pas rater le car, un petit croche-patte par ci, un « à demain, maîtresse » par là,  la crêpe au chocolat industrielle qui atterrit dans le caniveau, la maman qui nous explique, effondrée, que sa chère petite (une bavarde de première!) ne peut absolument plus parler depuis qu’on lui a installé un appareil d’orthodontie…on sourit pas, on prend la mine compatissante…professionnelle jusqu’au bout ^^,  et l’instant d’après, on regagne le bâtiment…y a bien encore quelques écharpes et manteaux oubliés par terre, et un retardataire à la recherche du  bonnet qu’il a sur la tête, mais le silence est là… »Je te fais un thé? » Isabelle passe la tête par la porte restée entrouverte. Chacune son mug, eau frémissante, thé à la bergamote, à la menthe, on varie les plaisirs. Les filles de maternelle montent aussi nous rejoindre, on sort le chocolat des tiroirs. On fait des essais: éclats de caramel, fleur de sel, menthe, fourré pâte d’amande. On savoure le thé chaud qui réconforte, le carreau de chocolat . « Ptain, c’est boooon! » On se raconte les dernières anecdotes, on parle des élèves, des parents, on se moque, on vanne…on parle de nous… Claire qui va passer le weekend- end à Bagnols les bains,un trou perdu au fin fond de la Lozère, c’est pas là qu’elle va trouver  l’homme de sa vie, une fille en première S qui galère en maths, le chien , qui est mourant, et qu’on doit veiller jour et nuit, les projets, la vie quoi…et puis, la dernière goutte bue, faut qu’on s’y remette, corriger les cahiers.

Préparer pour le lendemain.

 

 

 

20 novembre, 2013

Sur le chemin

Classé sous Humeur — caloulaframboiz @ 13:04

Bon, c’est officiel, demain j’aurai 50 ans. Est-ce pour cela que j’ai fait ce rêve étrange cette nuit? Je me suis vue chez Edith Piaf, qui m’offrait une bouteille de champagne hors de prix, en me disant que cette occasion le valait bien. Bizarre, non? Je rapproche cela avec le fait qu’Edith est morte il y a justement 50 ans, mais sinon, j’ai du mal à suivre les circonvolutions de mon cerveau dans ses errances nocturnes…

50 ans… jusqu’à cet été, je crânais, je me moquais des copines qui dramatisaient, mais je dois bien avouer que moi aussi, je suis à l’heure de faire mon petit bilan. J’aurais pu faire mieux, j’aurais pu aller plus loin, j’ai été trop timide, j’ai toujours trop douté.  J’ai de belles réussites aussi, n’empêche que le bateau coule lentement mais sûrement: des lunettes pour lire, une perte d’audition côté gauche, douleur du soir dans les cervicales…Tout ça ne colle pas. Mentalement, j’ai des envies d’ado, vivre tout à fond, connaître des montagnes russes émotionnelles, faire des folies…Je pense aussi à ceux que j’ai perdus en chemin, à ceux qui sont partis trop tôt, dont il ne me reste que la voix ou le sourire en mémoire, ceux que j’ai perdus par négligence, laissant le temps creuser l’éloignement jusqu’à devenir des étrangers.

Je pense à moi le jour de mon oral du bac de français, décrétant du haut de mes 16 ans à un vieux professeur sentant l’alcool que l’amour fou n’existe que dans les poèmes. Je pense à moi le jour de mes 20 ans, persuadée d’être d’une droititude à toute épreuve. Depuis, j’ai tellement pris de tangentes et de virages de compromission que j’ai foutu un beau bordel  dans mes plans sur l’avenir  la comète.Et que dire de moi, à 29 ans, avec mon bébé d’amour dans les bras, me demandant si j’allais réussir à être une bonne mère, et accessoirement comment on change une couche de bébé et comment on sait pourquoi il pleure…

J’ai été amoureuse, j’ai crû vivre un conte de fées, je me suis cassée la gueule sur la réalité, j’ai été fan d’un chanteur, j’ai rencontré des gens, des lieux magiques,j’ai morflé et j’ai profité aussi, j’ai été trahie, la vie, quoi…

Et puis maman m’a dit:  » fais-nous une petite liste de ce qui te ferait vraiment plaisir pour ton anniversaire » et je me suis retrouvée, comme l’écrivain, à écrire la liste de mes envies… ça avait l’air facile…je suis restée longtemps, le nez en l’air, le stylo en attente, devant ma feuille blanche. J’ai envie de quoi? De choses qui ne s’achètent pas. De voir mes êtres chers heureux. Merde, mais  pourquoi  je ne suis plus une fille futile? 

ça aussi, c’est drôle: je ne parle jamais de moi en écrivant   « femme ».

Je suis une fille, ad vitam eternam. 

 

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