Carnet de route de Caloulaframboiz

20 octobre, 2015

Les vieux, ce n’était pas original …

Classé sous Non classé — caloulaframboiz @ 9:02

Je devais récupérer une personne âgée dans une maison médicalisée samedi après-midi, à 14h30. A l’entrée, en guise d’accueil, de beaux portraits de vieux, tous souriants, malicieux, empreints d’une certaine grâce. Beau travail de photographe. J’essaie de trouver un membre du personnel pour me donner le numéro de chambre…personne dans les parages. J’avise un groupe de personnes, moyenne d’âge 90 ans, assis dans une pièce. Certains sur des fauteuils roulants, d’autres le regard dans le vide, une a la bouche ouverte…manque plus que le filet de bave. Je choisis celle qui me parait la plus  amène:  » Bonjour, vous pouvez peut-être me renseigner, je cherche la chambre de M. Martini? «   « Attendez, me dit-elle, on va demander. » et elle, à la cantonade:  » quelqu’un sait la chambre de M. Martini? » 

Les hébétés restent hébétés…celle à la bouche ouverte l’ouvre un peu plus et me fait un sourire édenté… là-bas, une voix répond:

 » Qui???

-M. Martini!!!!

-Hein?????

Une autre,  encore en chemise de nuit: -Mais qu’est-ce qu’elle dit? »  

Je sens le fou rire monter. Venez, me fait la vieille dame, on va essayer de trouver une infirmière… et la voilà partie. Le froutch -froutch feutré de ses chaussons frottant l’un contre l’autre  me guide à travers le dédale des couloirs.  » A cette heure-ci, elles sont au café » m’explique-t-elle. Des portes fermées, d’autres ouvertes sur des télés criardes, des grabataires esseulés, des meubles rapportés de la maison pour rompre la monotonie du mobilier officiel. Un dernier recoin, et le groupe des infirmières, au soleil sur la terrasse. Pause café-cigarette, elles sont toutes jeunes et se marrent. 

30 juillet, 2015

Jean Ferrat

Classé sous Non classé — caloulaframboiz @ 18:44

Mes parents me racontent leur balade au lac d’Issarles, en Ardèche, à la recherche d’un peu de fraîcheur. De retour, ils ont tenu à s’arrêter à Antraygues sur Volane, le petit village où est enterré Jean Ferrat.

« C’est un petit cimetière de campagne, écrasé de soleil, avec des herbes qui t’arrivent aux genoux. On a fait deux fois le tour, sans voir sa tombe, et puis, tout au bout, un petit escalier qui monte jusqu’à un surplomb, et quelques personnes rassemblées. On s’est dit que ça devait être là…Une pierre tombale très sobre, sur laquelle est gravée son nom à la ville, Jean Tenembaum, une photo, des fleurs; quelques anonymes réunis un soir d’été, émus. »

Un passage obligé pour mes parents,toute une histoire pour moi…celle du premier tourne-disque orange-années soixante-dix qu’on m’avait offert, accompagné du 45 tours de La montagne passé en boucle, face A et face B… et tous ses autres succès qui nous ont accompagnés, mon frère, mes sœurs et moi,  tout au long de notre enfance. L’histoire du Potemkine, racontée par mon père, parce que je ne comprenais pas les paroles…celle de Nuit et brouillard, qui me fait frissonner  chaque  fois que je l’entends…les paroles, sa voix grave reconnaissable entre mille… et Que serais-je sans toi, LA chanson d’amour que je préfère…

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2 mai, 2014

Appelez-moi Bridget.

Classé sous Non classé — caloulaframboiz @ 14:17

J’ai passé près d’une heure à remplir le tableau d’admission en classe de sixième. Travail fastidieux au possible: écrire pour chacun des CM2 dans 9 cases à quelle date ils ont validé leurs acquis… soit 144 dates à écrire…Une fois que j’ai eu tout fini et que j’ai refermé mon tableau A3, pas mécontente de m’être débarrassée de  cette corvée, mes yeux se sont posés sur le calendrier face à mon bureau. Doute intense, moment de grande solitude: je ré ouvre le tableau pour constater que je me suis trompée 144 fois. Je sais pas pourquoi, j’ai écrit 144 fois qu’on était en 2004…

14 décembre, 2013

Dark side

Classé sous Non classé — caloulaframboiz @ 19:03

Elle est bizarre cette fin de trimestre. Aussi sombre que les jours sombres de décembre à l’approche du solstice. D’abord, cette maman d’élève qui, plusieurs fois de suite vient chercher ses enfants à la garderie dans un état d’ébriété avancée. Le directeur, elle et moi dans le bureau …elle pleurant à chaudes larmes, hoquetant que si on fait le signalement, elle va perdre la garde de ses gosses. Elle me regarde d’un air hagard, cherchant de la compassion. Je comprends sa peine, et je pense aux deux petits bonshommes qui passent leurs soirées tout seuls pendant que maman décuve sur le canapé. Ce soir-là, son haleine éthylique et tabagique me soulève le  cœur.

Cette autre  maman en larmes qui m’explique avec des mots pudiques que son mari a une maladie très grave, que le traitement va commencer la semaine  qui suit. Sa voix se brise, je trouve des mots…des mots tellement bêtes, je lui dis qu’elle peut compter sur moi pour tout ce qui concerne la petite, je lui souhaite plein de courage. Deux jours après, même topo, un autre papa touché aussi par un cancer. « On a tout dit à la petite, on n’a pas voulu lui mentir ». Elle me parle sans cesser de sourire. Un sourire pour faire comme si elle gérait tout. Ironie du sort, les deux petites sont assises à côté en classe. Je les vois chuchoter longuement, je m’abstiens de tout commentaire et de rappel au silence…

Et puis l’autre soir, une maman qui veut me voir en urgence. « Quelque chose de terrible circule dans les cartables à votre insu », m’écrit-elle dans le cahier de liaison. J’imagine des trucs sordides, des médicaments, un couteau, des préservatifs? C’est un magazine de la presse féminine, un des ces trucs minables à 1€, avec en gros titres « la pilule troisième génération est là », « le sexe après la naissance de bébé » et  « fashion pour moins de 100€ »….la revue a atterri après bien des échanges dans le cartable de la famille la plus catho de la commune…. après petite enquête, c’est la dame de la cantine qui fournit les revues aux filles de la classe…ça fait un peu beaucoup pour une fin de trimestre, non?

27 novembre, 2013

Tea time

Classé sous Non classé — caloulaframboiz @ 12:50

teatime

Tous les soirs, c’est devenu un rituel: à l’école, avec les copines, on boit le thé. Une manière de déguster l’instant où l’école se vide de ses élèves.  Juste avant, c’était les cris, les bousculades, l’excitation, les « maîtreeeeeesse,je trouve pas mon manteau! », les derniers sprints pour ne pas rater le car, un petit croche-patte par ci, un « à demain, maîtresse » par là,  la crêpe au chocolat industrielle qui atterrit dans le caniveau, la maman qui nous explique, effondrée, que sa chère petite (une bavarde de première!) ne peut absolument plus parler depuis qu’on lui a installé un appareil d’orthodontie…on sourit pas, on prend la mine compatissante…professionnelle jusqu’au bout ^^,  et l’instant d’après, on regagne le bâtiment…y a bien encore quelques écharpes et manteaux oubliés par terre, et un retardataire à la recherche du  bonnet qu’il a sur la tête, mais le silence est là… »Je te fais un thé? » Isabelle passe la tête par la porte restée entrouverte. Chacune son mug, eau frémissante, thé à la bergamote, à la menthe, on varie les plaisirs. Les filles de maternelle montent aussi nous rejoindre, on sort le chocolat des tiroirs. On fait des essais: éclats de caramel, fleur de sel, menthe, fourré pâte d’amande. On savoure le thé chaud qui réconforte, le carreau de chocolat . « Ptain, c’est boooon! » On se raconte les dernières anecdotes, on parle des élèves, des parents, on se moque, on vanne…on parle de nous… Claire qui va passer le weekend- end à Bagnols les bains,un trou perdu au fin fond de la Lozère, c’est pas là qu’elle va trouver  l’homme de sa vie, une fille en première S qui galère en maths, le chien , qui est mourant, et qu’on doit veiller jour et nuit, les projets, la vie quoi…et puis, la dernière goutte bue, faut qu’on s’y remette, corriger les cahiers.

Préparer pour le lendemain.

 

 

 

23 octobre, 2013

Parenthèse d’automne

Classé sous Non classé — caloulaframboiz @ 16:54

La plage en automne: bois flottants, écume, vent, rares promeneurs, et nous les pieds dans l’eau froide, à tenter d’éviter les grosses vagues en se marrant.

De retour à l’hôtel, bain dans la piscine chauffée à 30 °C, massage depuis les  orteils jusqu’au sommet de la tête par une fille aux doigts de fée, jacuzzi, douche sensorielle, et la sensation très agréable de flotter dix centimètres au-dessus du sol.

Retrouver la douceur du lâcher prise total.

Plus tard, dans la soirée, devant une verveine, profonde discussion métaphysique. Tout ce qui fait dire à Hubert Reeves que ce n’est pas parce qu’on ne comprend pas que cela n’est pas…on ne peut pas expliquer l’ordre parfait de l’univers, car dit-il, ce serait comme vouloir apprendre la géométrie à son chat: ça existe mais on n’a pas le cerveau pour comprendre. Parler, parler, jusqu’à pas d’heure…

Le lendemain, savourer des huîtres et du vin blanc, face à la mer. Soleil et brume jouent à cache-cache.  On paresse comme des chats en terrasse.

Elle était chouette notre parenthèse d’automne.

4 septembre, 2013

Happy new year

Classé sous Non classé — caloulaframboiz @ 16:55

La rentrée, c’est fait.

J’aime pas la rentrée.

Mardi soir, je me disais, assise à mon bureau face à la classe alors vide, que je savais déjà quels élèves seraient en difficulté. Je me disais aussi que malgré la pédagogie différenciée, malgré l’aide personnalisée, malgré mes efforts et ma bienveillance, malgré leurs efforts, à la fin de l’année, ces mêmes élèves seront toujours en difficulté.

Blues de la rentrée, face à l’immensité de la tâche à accomplir.

26 juillet, 2013

Nuno Resende

Classé sous Non classé — caloulaframboiz @ 9:00

Bon, pour résumer, mon amie est fan de Nuno Resende. Si vous ne connaissez pas, c’est celui qui a participé à The voice, a fait de nombreuses comédies musicales ( Mozart, Adam et Eve…)Beau gosse, charmeur, très belle voix, artiste jusqu’au bout des ongles, il sait tout faire: il chante (divinement bien), il danse, il joue la comédie, il ensorcelle. Bref. La copine a prolongé d’une semaine son séjour en Avignon parce que Nuno joue tous les soirs au Rouge-Gorge, un petit théâtre surplombé par l’impressionnant palais des papes. Comme une vraie fan, elle va voir son spectacle tous les soirs. Comme une vraie fan, elle attend chaque soir après le spectacle le moment des autographes-bisous-photos-échange de petits mots.Et de fil en aiguille, elle lui a proposé de distribuer pour lui des flyers de son spectacle, car à Avignon, la concurrence est rude! Étonné, ravi, il a accepté. Là voilà partie hier en fin d’après-midi, par une température avoisinant les 38°C, ses flyers sous le bras. Sauf qu’au bout d’un moment, elle a croisé Nuno dans la rue de la république, qui lui a proposé de faire ça à deux, parce que c’est bien plus sympa comme ça .  Du coup, elle m’a complètement oubliée. On devait se retrouver à 19 heures. J’ai appelé  maintes fois sur son portable, coupé… Je me suis assise sur un des rochers du parvis du palais, j’ai vu se succéder plusieurs spectacles de rue, attendant qu’elle m’appelle. 19h, 19h30, 20h, 20h30…Là voilà qui m’appelle:  « rejoins-moi, je suis rue de la république avec Nuno… » Bon, j’aurais dû être contente pour elle, j’étais blessée, j’aurais dû trouver ça génial, j’avais les larmes aux yeux…Finalement, je les ai rejoints, lui est parti manger…j’ai pris sur moi, je ne voulais pas gâcher sa joie, elle était tellement sur son petit nuage!!!. Quelques secondes plus tard, on tombait dans les bras l’une de l’autre :  « excuse-moi! »   « non, c’est moi! » bref, des copines, quoi….

Un peu plus tard, on est allé voir ce fameux spectacle: ambiance fan attitude ( cris hystéros, femmes aux sourires béats, pâmoisons, bousculades et course pour être au premier rang). L’homme est sidérant: il chante très bien, saute partout, va derrière le public, dans le public,  parle, vanne, imite, séduit, et se montre aussi tellement humain. Il nous raconte que la veille, vers 3 heures du matin, rentrant à son hôtel avec sa guitare, il a été apostrophé par un gars SDF sur un banc…il s’est assis avec lui, ils ont parlé, il lui a chanté des chansons …ils se sont quittés beaucoup plus tard… voilà, c’est peut-être l’anecdote qui résume le mieux le personnage.

21 mai, 2013

Quoi de neuf?

Classé sous Non classé — caloulaframboiz @ 13:00

Hier soir, pour les 41 ans d’un copain, on s’est retrouvés à une soirée couscous…vannes, mises en boîte, propos décousus, de plus en plus décousus, puis la fatigue, l’alcool aidant, fous rires incontrôlés mêlés à des sujets hautement sérieux (« fallait-il légaliser le mariage gay? ») lorsque soudain, JJ m’a apostrophée en me demandant:  » mais c’est quoi pour toi un homme? » Vaste question, vers les 1 heure et demie du matin, j’avais moyennement envie de philosopher alors j’ai crû m’en tirer avec une galéjade:  » C’est celui qui est capable de manger de cette harissa berbère sans sourciller », en faisant référence au feu de l’enfer contenu dans la petite assiette en face de moi. – Mais encore? -Celui qui rassure, celui qui assure, qui sait faire des murs et réparer les fuites, qui peut changer un bébé et nous faire rêver. Les hommes présents ont gémi: paraît  que j’en demande trop…

Sinon, maman,  73 ans, vient de s’acheter un ordinateur portable pour pouvoir jouer en ligne au Scrabble avec ses copines. les débuts furent épiques: comment ça s’allume, comment on fait « entrée », c’est quoi la barre espace, mais après quelques tâtonnements, et l’envie forçant toutes les réticences, là voilà avec un pseudo, des favoris et mon père qui râle parce qu’elle  y passe des heures…

 Et puis ce mois-ci, j’ai conforté mon idée de faire le chemin de St Jacques de Compostelle, pas pour collectionner les coquilles et aller à la messe tous les soirs, plutôt pour l’extraordinaire aventure humaine et intérieure que cela doit être. Faut juste que je règle quelques détails techniques: j’ai du mal avec les dortoirs monastiques, les douches communes, et les ronfleurs qui polluent l’ambiance nocturne, mais sinon, tout le reste, marcher d’étape en étape 30 km par jour, faire des rencontres, découvrir, se dépasser, ça me va.


23 avril, 2013

Cats stories

Classé sous Non classé — caloulaframboiz @ 11:24

Par la fenêtre de la salle de bains, j’observe la vie des bêtes, amusée. Au bout du terrain, là-bas, dans le rayon de soleil du matin, deux chats se rencontrent: le roux à la queue cassée, et le tigré qui passe sa vie près (ou dans) le container poubelle. Ils se croisent dans la plus grande indifférence, chacun poursuit sa route, puis le roux se retourne, l’autre aussi.  Je ne sais pas ce qu’ils échangent mais finalement, Queue cassée change d’avis et décide de suivre l’autre.

Fiston avait décidé d’appeler notre chat Pepone. C’était un chat neurasthénique, trop tôt sevré, sa propriétaire l’avait élevé en lui donnant des courgettes écrasées, étant elle-même végétarienne convaincue. Est-ce que ce sont ces manques  qui l’avaient rendu à ce point soumis? C’en était juste hallucinant. Lorsque  Pepone voyait un chat à l’autre bout du terrain, il s’aplatissait sur le sol, lorsqu’un matou s’approchait de sa gamelle, il lui cédait la place…Le soir, contrairement à tous les autres chats du monde, il ne voulait pas sortir. La vie devait être plutôt rude pour lui, dehors…

Super minou du voisin a un nom qui lui va comme un gant: « Smoking », ce qui pour un gant est un comble, enfin, bref. Les noms donnés aux animaux façonnent-ils leur caractère? Toujours est-il que Smoking, robe noire brillante et petit nœud pap’ blanc autour du cou dédaigne les croquettes de son maître, qui l’a pourtant recueilli bébé, et en fort mauvaise posture. Fi des petits biberons attentionnés et des soins véto pour le ramener à la vie, Smoking préfère aller  chez le belge dès que celui-ci vient passer quelques jours dans le Sud. Roger le belge n’a pas des croquettes de supermarché, Roger le belge a du Whiskas gourmet quatre étoiles. Smoking élit donc domicile trois fois par an dans une résidence grand luxe. Ingratitude, quand tu nous tiens^^

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