Carnet de route de Caloulaframboiz

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27 juillet, 2012

Ou comment se foutre de la gueule du monde

Classé sous Réflexions qui n'engagent que moi — caloulaframboiz @ 16:35

Hier soir, c’était le concert de Madonna à l’Olympia. Perso, je ne suis pas fan et je ne dépenserai pas un € pour aller la voir exhiber son cul sur scène, mais j’ai une voisine qui ne jure que par elle depuis des années, du coup, j’ai un peu suivi l’affaire. Déjà, ce fut le parcours du combattant pour obtenir des places, qui se sont vendues entre 80 et 200€, places qu’on obtenait en s’affiliant pour 17€ au fan club officiel de la chanteuse. Business is business.
Le concert prévu pour 21H a commencé à 22H45, devant un public chauffé à blanc. Pour certains, c’était la conclusion de deux jours d’attente boulevard des Capucines, par plus de 30°C à l’ombre. C’est bien connu, quand on aime, on ne compte pas. Elle a enchaîné deux titres, puis fait un interminable discours sur la France, Marine le Pen, blablabla, aimez-vous les uns les autres, puis coupure pour qu’elle se change, puis quelques titres, puis re coupure avant qu’elle ne crée la surprise en reprenant « Je t’aime, moi non plus de Gainsbourg ».Les fans extasiés étaient aux anges et attendaient fébrilement la suite sauf que…les lumières se sont rallumées, et il n’y a jamais eu de suite. Le concert était terminé, et a duré en tout et pour tout 48 min, dont 20 de bla blas et de coupures. Si c’est pas de l’arnaque… Les gens furieux ont pété les plombs, scandant des « Remboursez ! », jetant leurs bouteilles vides sur la scène et insultant copieusement la chanteuse, pendant que les techniciens s’activaient au rangement du matos. La sortie houleuse du public s’est faite avec bus de CRS à proximité au cas où.
Autant j’avais une certaine forme de tolérance pour une artiste comme Amy Winehouse, qui annulait au dernier moment, ou qui tentait d’assurer le show dans un état second quitte à cracher sur le public, parce que finalement c’était sex drug and rock’n roll attitud, autant là, j’espère que les fans de Madonna se souviendront à vie de l’infâme claque qu’elle leur a balancée dans la gueule.

23 juillet, 2012

Trash attitude

Classé sous Humeur — caloulaframboiz @ 14:01

En rangeant des documents dans l’armoire, je suis tombée sur des choses que j’ai écrites voilà plusieurs années, Un mémoire professionnel présenté pour le concours interne de prof des écoles, « Haïkus,une expérience de réécriture à l’école », à l’intérieur se trouvait encore la feuille des questions que j’avais eues à préparer juste avant l’entretien oral, du genre  » La pratique de la réécriture à l’école suppose-t-elle des attitudes pédagogiques particulières et pourquoi? », et puis,  » Qu’est-ce que pour vous un « bon » professeur des écoles?… Ben, c’est celui qui connaît dix marques de bons stylos rouges, celui qui fait une collec’ de pots de yaourts en verre et une autre  de papiers cadeaux, parce que oui, ça peut servir dans sa classe. Et puis un bon professeur des écoles sait que l’année se termine en juin et pas en décembre, et il connaît plein d’abréviations bizarres, comme ZIL, RASED, T1, PPRE ou PPAP… Bon, j’avoue, je faisais moins ma fière lorsque j’ eus ces questions à traiter face à un jury sympathique comme La grande inquisition au temps de Isabelle la catholique. ( Oui, je regarde Secrets d’histoire et en plus je suis fan^^).

Et puis y avait aussi dans cette armoire une nouvelle que j’avais écrite, un pavé de 130 pages qui s’appelait « Carré d’art ». J’ai commencé à  la relire et …effarement….. lecture affligeante, pitoyable, pathétique. C’est une histoire d’amours compliqués d’une naïveté déconcertante, avec  des violons, des trémolos, des rebondissements à la Douglas Kennnedy, des passages déchirants où l’amour est beau, l’amour est grand, l’amour est fort, et tellement au-dessus de tout. Si j’avais écrit ça à 15 ans et demi, je me serais trouvée des tas d’excuses, – le flot d’hormones pas encore bien canalisé et/ou un côté fleur bleu copieux d’une nana qui n’a encore rien vécu-, mais le drame, c’est que j’ai écrit ça il y a cinq ans. Au secours.

Quelque part, entre temps, entre histoire d’amour qui finit mal et se ramasser plusieurs fois la gueule sur le bitume à force de croire qu’autour de moi il n’ y a que des gens bien,  j’ai perdu cette naïveté qui faisait de moi cette ado attardée. Je regarde les choses telles qu’elles sont et pas telles que je les façonne, et forcément, c’est beaucoup moins glamour. Aujourd’hui, si on me dit que je suis la fille la plus exceptionnelle de la Terre,  je ne suis pas touchée, par contre sur mon carnet secret, je mets une barre en plus sur le compte du Séducteur de seconde zone. Alors, forcément, avec cet état d’esprit-là, j’écris plus, je ne lis plus de bluettes, et je sonde les trash attitudes. Comme hier, sur la nationale menant à Avignon, avec une pute tous les kilomètres placée au bord de la route. Très  jeunes filles de l’Est atterries là le mois dernier. Lorsque je passe en voiture, vers 13 h, un gars torse nu  sur sa moto dépose sa travailleuse sur le bord de la route. Je lève les yeux dans mon rétroviseur: pendant que l’homme à la moto fait demi -tour, elle remonte consciencieusement son short imitation cuir et se plante bien droite sur l’accotement.

Comme la fois où un connard m’avait entraîné derrière chez lui pour cueillir des framboises et avait essayé de m’embrasser alors qu’il y avait sa femme et mon mari à quelques mètres de là.

Comme  à la gare TGV, où je croise un couple collé serré se disant au revoir avec passion, et puis, quelques minutes plus tard, lorsque je repasse devant le gars, seul cette fois,  je l’entends  minauder dans son portable:  » c’est bon, elle est partie, je suis à toi dans une heure ma chérie »…

C’est pas que je veuille m’attacher aux choses moches – je mets même beaucoup de bonne volonté à saisir le beau, le tendre, l’émouvant- mais je fais plus gaffe.

Merde, c’est peut-être ça, vieillir?


14 juillet, 2012

Dans les forêts de Sibérie

Classé sous Coups de coeur — caloulaframboiz @ 11:06

 

 

 

Première Madeleine de Proust des vacances: lire!

Cela faisait quelques temps que je n’avais plus eu de coup Dans les forêts de Sibérie dans Coups de coeur dans-les-for%C3%AAts-204x300de cœur Lecture, et puis, en ce début de vacances, j’ai pu enfin lire, que dis-je, savourer Dans les forêts de Sibérie, de Sylvain Tesson, le journal autobiographique de cet écrivain volontairement exilé pour six mois dans une cabane, au bord du lac Baïkal. Il nous raconte les journées passées dans cette nature qui pourrait paraître hostile mais qui lui fournit tout ce dont il a besoin,il nous dit  la magie des paysages du Grand Nord, les craquements de la glace la nuit, tellement forts qu’ils en ébranlent la cabane, les marches en solitaire dans la forêt, les arbres, le vent, le soleil, la neige, et ces rencontres totalement incongrues. Les litres de vodka et de bière défilent, les jours passent, il lit, contemple, comprend, joue aux échecs contre lui-même, coupe du bois, pêche. Une vraie Robinsonnade du XXIème siècle, qu’on apprécie comme une douceur qui fait du bien.

 Le style  est impeccable, poétique, et je me suis surprise plein de fois à relire des passages pour leur beauté, pour leur justesse, tant le roman fourmille de trouvailles et de tendresse. On sourit toujours quand l’auteur se frotte aux Russes, on découvre  ce que les Russes pensent des Français, ce peuple qu’ils ne comprennent pas, « ce pays qui est venu avec la grande armée de l’aigle jusqu’à Moscou, à cheval, et qui, aujourd’hui, est totalement bloqué par 5 cm de neige, ce pays qui envoie des troupes en Afghanistan et en Libye mais qui ne sait pas arrêter une émeute en banlieue. »


Le livre est refermé et j’ai encore ce petit sourire aux lèvres : il écrit ce dont on rêve tous: prendre le temps, ne plus être dans le paraître, aller à l’essentiel.

 

 

 

 



 

7 juillet, 2012

On holidays

Classé sous Bout de chemin — caloulaframboiz @ 10:25

Que fait une instit les premiers jours de grandes vacances?

-Elle dort. Beaucoup. Du sommeil de celle qui n’a plus de stress. Adieu Lexomil et tisanes apaisantes.

-Elle fait la sieste, ce qui rejoint le premier point. Mais  c’est un plaisir plus subtil. Elle suit  le mode d’emploi provençal: choisir la chambre la plus fraîche,  fermer les volets, et laisser passer juste un rai de lumière…Se laisser hypnotiser par les grains de poussière qui y tournoient. Entendre, assourdi, le chant des cigales, s’alanguir en fermant  les yeux et sombrer une petite heure.

-Elle range l’énorme souk laissé par trois semaines de lâcher-prise. Méthodiquement, pièce par pièce, mais s’octroyant des pauses ordi-musique-coup de téléphone à une amie-glace- réflexions intenses( le pantalon blanc ou le jean aujourd’hui?) Elle vide même, armée d’un couteau,  le compartiment congélo pris par les glaces depuis Pâques.

-Elle invite tous les amis qu’elle a laissés à l’abandon faute de temps.

-Elle fait des projets, autres que projet liaison CM2:6ème ou projet « Retrouver la trace d’un ancien poilu de la commune et écrire son carnet de route » ou  » Mutualiser les outils de remédiation »…Non, là, c’est plutôt   lire enfin Dans les forêts de Sibérie, rejoindre une amie à la mer, passer deux jours entiers au festival d’Avignon, assister au château de Grignan  à une représentation des femmes savantes, aller en Bretagne au mois d’août et dormir face à l’océan, trouver une jolie conclusion à une histoire d’amour qui traîne depuis quatre ans. Ne rien faire.Profiter.

 

A 10 heures 21, elle traîne sur son blog, en nuisette, pas lavée, pas pressée, et y  écrit un petit article pour le plaisir.

:-)

 

3 juillet, 2012

Un bout de chemin

Classé sous Bout de chemin — caloulaframboiz @ 19:03

L’année scolaire se termine en même temps que je viens de remplir la dernière page de mon carnet. Celui-ci était gris, à spirales et le parcourir témoigne de ce qu’a été cette année: beaucoup de travail, beaucoup d’interrogations, des pages de compte pour savoir comment joindre les deux bouts, un ensemble plein de petits soucis et de sérieux. Des programmations spiralaires,  des pages de calcul, des réflexions, des petits mots d’enfants, des dessins, des recherches sur des sujets qui n’intéressent pas grand monde, comme le manuscrit enluminé des très riches heures du  duc de Berry ou les défaites de Crécy et Poitiers durant la guerre de Cent  ans. Ah, quand même, une carte postale de Paris que j’ai choisi de ne pas envoyer,et la page des scores au Scrabble, le soir où j’ai atomisé tout le monde.

Je dois en être à mon vingtième carnet et c’est le premier qui ressemble à ça. Pas de fantaisie, pas de dérapages, pas beaucoup d’imagination. ça fout la trouille. Je ne me reconnais pas. Dans trente ans, quand je serai morte, les gens diront:  » 2011-2012, ce fut sa période sinistre. Et puis après, elle a sombré dans l’alcool,  tel  Maupassant  à la recherche d’inspiration,elle a entrepris une correspondance épistolaire avec un délinquant très dangereux de la prison des Baumettes, et organisé en Lozère le concours annuel de la plus belle tourte aux épinards,  du coup sa vie redevint trépidante. » :-)

Bon, ce qu’il y a de bien avec ces histoires de carnet, c’est que lorsqu’on en termine un, on en choisit un autre, tout neuf, dont  on ne sait où il va nous mener. Tout est à faire, tout est à dire. Le suivant m’a été offert par mes élèves, acheté avec leurs propres sous♥♥♥, y a plus qu’à…

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