Carnet de route de Caloulaframboiz

27 juin, 2012

Fin d’année

Classé sous Non classé — caloulaframboiz @ 14:52

Fin d'année prof-en-juin1-227x300

Prof en juin, dessin de l’excellent blog Danger écoles, c’est tellement ça!

Finalement, comment dire , la fatigue de fin d’année, ça a du bon. ça met les gens à nu, ça enlève les croûtes et les vernis de protection. Je découvre mes collègues sous un autre jour. Et puis aussi, comme 0n fait durer un peu plus les récréations,  on a plus le temps de se raconter des choses. J’apprends ainsi que l’une souffre d’une maladie rare potentiellement dangereuse, que l’autre se conduit comme un beauf avec les enfants de sa femme. La petite jeune qui semblait toute timide au début de l’année est en fait très directive et arriviste…faudrait pas lui donner trop de pouvoir à celle-là.Je serais curieuse de savoir ce que les autres pensent de moi…On se concerte en traînant la savate pour faire les commandes, boucler les projets, se répartir les élèves…Y a des fous rires nerveux et des  éclats de voix. Tous les après-midis, on dépasse allègrement les 32°C et ça n’aide pas à garder la zen attitude. Déjà on me sollicite pour de nouveaux projets l’année prochaine, sauf que je suis incapable de mettre en route une quelconque réflexion dépassant le stade de  » vivement ce soir que je me couche ».

Là, faudrait que j’ouvre ce gros catalogue de fourniture et que je coche sur mon zoli tableau Exel tant de stylos, de mines HB, de cahiers 17×22 rayures Seyes… sauf que je ne peux pas: allergie passagère…

Vivement ce soir que je me couche ! ^^^^

19 juin, 2012

Mon essentiel

Classé sous Humeur — caloulaframboiz @ 21:18

Y a des jours comme ça… Déjà, je me suis levée en sursaut vingt minutes après l’heure habituelle. J’ai couru pour arriver à l’heure, il a fait chaud et lourd toute la journée et comme les élèves sont de vrais baromètres, ils étaient carrément électriques…Je me suis traînée péniblement jusqu’à la fin de la classe pour enchaîner avec  une réunion de conseil des maîtres…Où j’ai appris 1) qu’on risquait vraiment une fermeture de classe à la rentrée, ce qui veut dire de nouveau des effectifs chargés, et un épuisement quotidien, 2) que le projet d’école rendu en mars n’a pas été validé. (Deux écoles sur 27 se le sont vus refusé, ça fait pas très sérieux… Va falloir tout refaire d’ici au 30 juin, des heures de boulot en perspective alors que je n’ai plus aucune énergie…Le ton est monté entre collègues…Faut dire qu’on est tous vidés….Les paroles pas très gentilles ont fusé…..Valérie a fini en larmes… Il a fallu malgré tout s’organiser et dans cette ambiance  tendue, ça a pris du temps. Du coup, on a fini à 20h au lieu de 19h.

Sur le trajet du retour, j’ai essayé de relativiser….C’est vrai, y a tellement plus grave que de devoir refaire un projet, que d’être fatigué, que de s’engueuler entre collègues. Y a tellement plus important, tellement plus beau.

Arrivée à la maison, fiston d’amour avait fait une tarte aux pommes, mis sur le grill une cuisse de dinde, lavé le sol, repeint les chaises de jardin. Il m’attendait tout souriant et beau comme un cœur.

J’ai gommé tout ce qui était avant, et je n’ai gardé que ça de cette journée, l’essentiel.

 

 

9 juin, 2012

Où vont les histoires.

Classé sous Fiction,Non classé — caloulaframboiz @ 12:56

C’était devenu un rituel : tous les soirs, après ses six heures de ménage dans les bureaux de Bercy, Marcelle s’asseyait sur un banc, gare de Lyon, et passait une bonne heure à regarder les histoires des vies qui se croisaient là, sous ses yeux. Puis elle descendait prendre son RER et rentrait chez elle, où personne ne l’attendait.

D’accord, une gare, c’est crasseux. D’accord c’est bruyant, froid en hiver, et nauséabond en été. D’accord, c’est un peu comme une prostituée de l’est, avec beaucoup de passage et pas beaucoup de sentiments, et pourtant…

Pourtant, elle aimait le manège permanent des trains qui partaient et qui arrivaient, elle aimait le cliquetis des lettres métalliques qui s’affolaient sur le grand panneau des entrées. Elle aimait se raconter les histoires dont elle ne percevait que la façade : cette femme très belle et triste, avec un cœur aussi lourd que sa valise, ce jeune globe-trotter avec son sac à dos rond comme le monde, ce gamin qui se prend une claque parce qu’il tire la langue au contrôleur, ce paumé qui essaie de faire le sac d’une vieille…toutes ces silhouettes comme une ritournelle d’un monde qui court sur lui-même sans devoir jamais s’arrêter.

Un jour, il y a longtemps, elle avait été elle aussi une voyageuse, elle avait dit au revoir à quelqu’un sans savoir qu’elle ne le reverrait plus…Calée sur son banc, avec son cabas contre les genoux, elle tourna la tête pour surveiller l’heure et se dit qu’elle n’allait pas tarder à descendre, lorsqu’elle vit, posé à côté d’elle un gros album photo .Elle chercha des yeux à qui il pourrait appartenir… toute occupée qu’elle était à se perdre dans la vie des autres, elle n’avait pas du tout fait attention à la personne qui était assise à côté d’elle.

Elle attendit longtemps, avec l’album dans les mains, sans trop savoir quoi faire. Parfois, le soir, elle repartait avec un journal ou un magazine oublié mais un album, c’était différent. C’était personnel. Indécise, elle laissa le temps  s’écouler mais cette fois, son regard était rivé sur la couverture cartonnée de l’album. Finalement, avec des scrupules de gamine prise sur le fait, elle l’ouvrit.

Sur la première page, c’était la photo d’une jeune femme assise sur des escaliers ensoleillés, elle semblait insouciante et heureuse de vivre. Puis suivaient des photos de famille, avec les mêmes personnages qui revenaient à chaque fois. Elle leur donna des noms. Lui, là, avec son air jovial, c’était René, et celui-là, sûrement le grand –père, elle l’appela Florent. Il avait toujours l’air droit et autoritaire. Et puis cette grande brune assez jolie devait s’appeler Marie. On retrouvait un cousin, Vincent, des amis, Frank et Lucette, un chien, Caporal. La famille partait en vacances dans une voiture surchargée, photos de campings à la montagne, de veillées auprès d’un feu, de poses rigolotes devant des monuments. Et puis il y avait une naissance, un petit bébé beau comme un astre, devant des parents qui éclataient de bonheur. La petite nouvelle s’appellerait Sarah. Puis on découvrait Sarah faisant ses premiers pas, Sarah avec son premier cartable sur les épaules, puis une autre naissance, des Noëls avec des cadeaux et des bougies sur la table, des pique-niques dans les prés et des plongeons forcés dans la piscine.

Le temps passait comme la vie au fil des pages. Sarah était devenue une ado, on la voyait avec son petit copain, puis avec un autre, et puis encore un autre, et puis un autre, et Marcelle se dit que cette Sarah avait un cœur d’artichaut… Photos d’anniversaires, de batailles de mousse à raser, de construction d’une maison,  de couchers de soleil sur un coin de paradis…Marcelle s’attachait à tout ce monde qui défilait sous ses yeux juste pour elle, il lui semblait maintenant qu’elle connaissait intimement chacun d’eux, qu’elle perçait peu à peu leur caractère…Photos de gestes tendres, d’une main posée sur l’ épaule, d’un sourire chaviré, d’un regard désabusé, ou perdu dans le vide. Le grand –père devait être mort, il avait disparu depuis plusieurs pages… 

-Madame ? Tout va bien ? Vous attendez quelqu’un ?

C’était une agent de sécurité de la SNCF. En levant les yeux vers elle, Marcelle fut surprise de voir qu’il faisait nuit noire et que la gare s’était peu à peu vidée.

-Oui, oui, tout va bien, la rassura-t-elle, je m’en allais.

 L’agent s’éloigna. Il ne restait plus qu’une page à tourner à cet album. Marcelle se dit qu’elle allait regarder la dernière photo, puis qu’elle remettrait l’album à sa place. Peut-être que demain, quelqu’un viendrait le chercher ?

Elle tourna la page.Sur la dernière photo, on voyait une vieille dame dans une gare.

Assise sur un banc.

3 juin, 2012

ça se voit que je suis fatiguée?

Classé sous Non classé — caloulaframboiz @ 9:15

Déjà, dans la semaine, j’ai réalisé le 1er juin que le dernier délai pour  rendre les dossiers 6ème au collège était le 30 mai…Ou comment se faire remarquer quand on ne vise, dans ce domaine-là du moins, qu’à la plus grande discrétion…

Et puis vendredi, voulant demander son carnet de chèque à husband, je lui ai demandé son cahier de textes…

Et enfin, hier, téléphonant à fiston d’amour, je l’entends me dire:  » Bon, maintenant, je vais peaufiner mon slip. Moi à l’autre bout du fil: quoaaaaaaaa? tu vas peaufiner ton slip? Et lui, hilare: noooooon, maman, je vais peaufiner mon SITE!!!!!!!!!!!  

(Et là, on n’est que le 3 juin…. :-)   )

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