Carnet de route de Caloulaframboiz

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29 février, 2012

Un bout de ciel bleu

Classé sous Bout de chemin — caloulaframboiz @ 15:29

Je teste la pauvreté d’un monde sans rêve:  quand je me cantonne à dire que dehors le ciel est bleu, et que la route est goudronnée. Point final. Pas de fioriture, pas de dentelle, pas de petits nuages en forme de, pas de points de suspension. Te souviens-tu combien on en mettait partout, des points de suspension, par pudeur, pour ne pas dire toute l’émotion, pour laisser courir l’imagination par-dessus la distance qui nous séparait. Un vrai piège à filles, ce truc-là…

L’imagination, je ne l’ai pas perdue: je fais des efforts pour la dominer, la canaliser. Parce qu’à trop la laisser vagabonder des heures entières, je trouvais la réalité tellement sage. Tellement prévisible. C’en était triste à pleurer. Dans mes rêves éveillés, il y a toujours des rencontres incroyables, des coups du coeur et des trampolines géants. Il y a une chambre avec vue sur l’océan, ses petits rideaux marins bleus et blancs…L’odeur des draps frais…. Il y a une petite table pour deux au fond d’un café, à l’abri des regards, de la lumière dorée qui tombe pile sur mes cheveux blonds, des attentes fébriles dans des parkings charmants, à l’ombre de platanes séculaires, il y a des cigales infatigables et le bruit de l’eau qui court. Il y a des flaques d’eau qui miroitent au soleil. Des dialogues percutants, alors qu’en vrai, grande timide hyperémotive, je bafouille lamentablement trois borborygmes dans les situations trop émotionnelles. Avec de l’imagination, je repeins à grands coups de rouleau, je crée les décors, les dialogues, d’incroyables rebondissements, des attentes,des larmes, la boule- oeuf- dur coincée dans la gorge, les révélations, des fins heureuses… à y être, n’est-ce pas..Bref,faut arrêter d’imaginer!

Sauf que. Je me prends souvent en flagrant délit. Un rien qui fait repartir la machine infernale. Je croyais avoir froissé D…, un ami conseiller pédagogique avec qui j’ai toujours été complice. Une histoire de mail où l’on ne s’était pas bien compris. Faut dire qu’il est susceptible. Et puis, hier, il m’appelle à l’école… »D. veut te parler, il  dit qu’il en a pour  une minute » me dit la dame de la cantine, en  proposant de garder mes élèves pendant que je réponds. Bon, bon, ce fut beaucoup plus long,il parlait, il parlait, de trucs pas importants, -du genre j’ai oublié de m’inscrire à une réunion-, et  je sentais son sourire de l’autre côté du fil… il passera dans ma classe d’ici la fin de la semaine, pour me donner quelques conseils sur le blog de ma classe,  » mais il est déjà génial« , et  » il n’y en a pas beaucoup dans la cironscription de cette qualité » … Seduction touch, nooon? ^^De retour en classe, j’ai repris mes explications: pour quelles raisons on a créé les départements français… Sauf qu’on s’en fout… sauf que j’ai pas le temps d’analyser ce qui vient de se passer, faut enchaîner, vite… déjà que j’aime pas la géographie… Perturbée, la Calou…

Non, non, on a dit les faits, rien que les faits. C’est un conseiller . Il fait son boulot. Point.   Je souris à Romane en train de réfléchir à ses conversions, le crayon en l’air et elle me rend un sourire lumineux. Lisa, elle,  me rend un travail bâclé et la collègue dans la classe voisine se fâche contre un élève qui « a  mal à la tête dès qu’il faut se la creuser ». C’est drôle, et je sens monter le fou rire.

Sonnerie de fin de journée. Dehors, il fait beau, presque chaud, et la lumière plus crûe est bien celle du printemps. Tous les collègues restent là, dans la cour, à papoter…Personne  n’a envie de rentrer tout de suite corriger les cahiers. On plaisante, des papas d’élèves attardés se hâtent à grandes enjambées. Je crois bien que le ciel n’est pas que bleu aujourd’hui.

24 février, 2012

Adam et Eve

Classé sous Non classé — caloulaframboiz @ 12:08

 Voilà, j’ai vu ma première comédie musicale. A 48 ans. J’étais pleine d’ a priori sur ce genre de spectacle. C’est souvent kitsh. Les paroles tuent. Et puis aussi, ils chantent ce qu’ils viennent de dire. (dans le donjoooon, copyright Gad El Maleh). D’un autre côté, j’ai toujours aimé la  voix de Thierry Amiel, et j’y allais avec une dizaine de copines. Bref, ouverte à tout, je ne demandais qu’à voir pour me faire une opinion.

Je n’ai pas été déçue. Ce fut même tout le contraire. Le spectacle était partout: sur scène, dans les airs, avec des numéros très aériens et poétiques qui m’ont fait penser au cirque du soleil ( j’ai appris après que le chorégraphe du spectacle est justement le  même que celui du cirque du Soleil), spectacle aussi dans le public, avec les traversées des danseurs entre les rangées.  C’est très coloré, enlevé, les musiques sont carrément rock pour certaines, mais difficile de ranger le genre dans une case tant on côtoie de styles différents. Musique électro, tendres mélodies, et un Bollywood de folie qui a emporté et séduit tout le monde. Les voix des chanteurs sont au top et sur le piano voix de Thierry, on a senti un frisson parcourir les gradins.Bon, oui, les paroles sont de Obispo, donc on a droit à you’re the one for me, I’m the one for you, mais finalement, ça ne gâche pas le plaisir qu’on a à suivre cette histoire très manichéenne.

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J’avais le sourire tout le long, pas assez d’yeux pour regarder partout et ne rien rater. Les danseurs déboulent et se lancent dans des acrobaties périlleuses, le décor change sous nos yeux et on se laisse emporter par la magie du moment. Deux heures trente de spectacle sans une minute d’ennui, standing ovations à la fin, et puis on se retrouve dehors ,sous la pluie, simplement ravis d’avoir été là. Comme quoi, on peut passer de Metallica à Adam et Eve et au prochain concert de Rammstein sans sourciller, tant qu’il y a du plaisir…

 

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