Carnet de route de Caloulaframboiz

31 mai, 2011

La couleur des sentiments

Classé sous Coups de coeur — caloulaframboiz @ 17:43

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La couleur des sentiments, de Kathryn Stockett

 

J’ai adoré ce livre! Ce fut le coup de coeur intégral! Vous savez, c’est ce genre d’histoire qu’on commence sans trop savoir où l’on va et qu’on ne peut plus lâcher avant la fin.

On est en 1962, dans la petite ville de Jackson, Mississipi. Les lois raciales font autorité et les bonnes noires sont au service des bourgeoises blanches. Les bonnes noires n’utilisent pas les mêmes couverts que les blancs, les bonnes noires ont des toilettes séparées au fond du jardin parce qu’elles  » ont des maladies que n’ont pas les blancs »,  elles sont obligées de porter, même par 38°C à l’ombre, des collants blancs pour cacher la couleur de leur peau qui dérange. L’une d’elle, Aibileen, a, au bout de quarante ans de service , appris à tenir sa langue, mais Minny, son amie, insolente et tête brûlée, vient juste de se faire renvoyer.

Skeeter Phelan, la blanche de retour à Jackson après ses études, n’est pas comme les autres. Son rêve n’est pas de faire un beau mariage et d’avoir des enfants, comme en rêvent ses amies, son rêve est devenir écrivain. La jeune blanche et les deux bonnes noires, poussées par une envie folle d’enfin changer les choses, vont peu à peu apprendre à se faire confiance et devenir amies, unies par un projet fou: écrire dans le plus grand secret les histoires croisées des bonnes noires de Jackson. 

On oscille en permanence entre indignation et émotion, entre suspense et fou rire. Les échanges sont savoureux, le point de vue des bonnes souvent irrésistible, l’histoire avance et nous happe sans nous laisser de répit, on a peur  pour Minny et Aibileen, on est hilares en lisant les inventions de Minny, on croise les doigts tout le long pour que ça marche. Le tissage des sentiments se fait fil à fil, c’est fin et inventif du début à la fin.

Une totale réussite!

 

30 mai, 2011

Les petits bonheurs

Classé sous Bout de chemin — caloulaframboiz @ 20:16

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Allumer la radio et tomber pile sur la chanson qu’il nous fallait. Se coucher dans des draps propres. Manger des framboises. Se prendre un fou rire à s’en faire pipi dessus ( merci Joanne^^). Sentir l’odeur du pain grillé quand on se lève. Regarder une très super chouette photo de soi dans la cuisine  les jours où on a une sale gueule. Débuter une collection de n’importe quoi. Dormir la fenêtre ouverte. Nager nue. Aller à une soirée où on ne connaît personne et faire connaissance avec plein de gens. Rêver. Commencer un livre sans grande conviction et se faire happer par l’histoire. Voir un film avec Scarlett Johanson. Aller au concert. Trouver  un billet de 5€ dans une veste qu’on n’a pas mise depuis un an.  Ecouter Rory Gallagher.Entendre l’orage planquée sous la couette. Manger des cerises dans l’arbre.

26 mai, 2011

Love is a loosing game ( et le premier qui me dit que non… lol)

Classé sous Fiction — caloulaframboiz @ 22:05

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Si on souhaite savoir où crèche Dieu, il suffit de demander à un ivrogne. Bukowski  

  Ce soir, la rue est pleine de rires et d’engueulades, pleine de drames et de calme poisseux.  Ce soir, la rue fait son théâtre, avec ses chats efflanqués guettant à l’arrière  des restos, les mémés à fichus  sortant les poubelles à pas mesurés et les Doors, quelque part dans une chambre de bonnes, déchirant post- mortem tout un pan du monde. Il y a aussi les gueules des pochards célestes tendues vers les étoiles, réclamant leur dû , et des filles aux beautés outrageuses, à vendre, ou non, c’est selon.    

Il y a aussi de la misère sous les cartons, un rat en décomposition dans le container de l’immeuble bourgeois et de la richesse dans le cœur du petit vieux, pas retombé en enfance, mais  retombé amoureux… 

  Dans cette rue qui descend tout droit vers le parc… Moi, Apolline, hormis mon joli prénom, je suis une fille sans aucun talent, à part celui de sauter à pieds joints dans les ennuis. Du genre à aller dîner avec un parfait inconnu dont j’ apprends un quart d’heure plus tard qu’il milite au FN, du genre à me retrouver enfermée dans un parc et à devoir escalader le portail en petite robe d’été et talons hauts pendant que le clochard hilare  se met à croire au père Noël et gueule :<>  Du genre aussi à tomber amoureuse pour un sourire, une attention. Une gourde, quoi. Les gens aiment bien les gourdes et moi, j’ aime bien qu’on m’aime.  Dans le café, je fais une partie de flipper en attendant Dominique, ma colocataire. J’ai vu rentrer ce gars et la boule est retombée direct , sans marquer un point.  Je croirais aux  présages, que ça en serait un bien mauvais.   

Armel. J’ai un prénom à la con et je sors de prison.

J’ aurais pu m’appeler Pascal ou Fred, ça aurait été sûrement plus facile, mais non, Armel , ma mère avait décidé , avant de mourir bêtement, renversée par un chauffard, place de la Renaissance.  — Restez où vous êtes, il a gueulé !
Je me suis barré dans la direction opposée, résultat : trois mois de plus.
— Né de père inconnu, qu’il a dit le procureur, avec un air méprisant, votre mère ? Tout le monde a une mère, même les gars de votre espèce. Son nom ?
— La « rue » ! j’ai dit :
Trois mois de plus !
— Votre nom ?
— Tipi ! j’ai dit :
Trois mois de plus !
Quand j’ai vu que ça se barrait comme ça, j’ai plus rien répondu :
Trois mois de plus !
Le « Proc trimestriel » qu’on le surnomme. Je le savais. Là, je l’ai compris.
Après ça, va t’en trouver du boulot ! Un normal je veux dire. Inutile. Alors tu prends ton sac, tes cliques, tes claques, et ta réinsertion tu vas la faire, là où, c’est sûr, jamais tu trouveras un casier vierge : la « rue » 

J’ai pris une bière et puis une autre, et puis une autre. Je commençais à me poser des questions à deux balles, genre <> , <> et puis je me suis retourné  et je l’ai  vue.

   Mais qu’est-ce que c’est que ce mec avec son barda sur l’épaule et son  tatouage de chef indien sur le biceps ? Il a les épaules larges et les cheveux doux comme ceux d’un enfant. On dirait un marin perdu dans Paris. Nos regards se sont croisés. Souffle coupé.  J’aime pas la drôle de sensation qui part de mon ventre et remonte jusqu’à me faire rougir. J’aime pas que ça redescende sans ascenseur et que ça se casse la gueule du côté de mes tripes. Et ça repart. Sac et ressac once again.  Je chope le mal de mer, juste à regarder ce marin de banlieue descendre des bières.    Elle s’est remise au flipper, la nana du fond. 

De dos, elle est discrète, mais quand même provocante.  Et elle fume des Peter. C’est quoi cette nana qui a l’air d’être tombée tout droit du ciel dans le bistrot ?  Je regarde même s’il y a pas un trou au plafond.  Elle dénote. Elle a rien à foutre là.  Et en plus, elle s’y prend comme un manche avec le flipper.    Dominique est arrivée, à la bourre, comme d’habitude. J’ai récupéré mon sac et on est sorties en jacassant. Le ciné est juste à côté, mais Domi n’aime pas rater la première partie.  En sortant, j’ai pas pu m’empêcher. J’ai tourné la tête vers lui et ses yeux se sont plantés dans les miens, et ses lèvres n’ont pas bougé mais quand même,  elles m’ont dit quelque chose.  Y avait un truc juste pour nous dans l’espace et j’ai souri.    La rue allume ses réverbères et dessine au cordeau des ombres dans les recoins et derrière les poubelles. Blues blues metal, du gris froid au gris noir. Blues blues animal, la rue vomit ses épaves, ses laisser pour compte, ses blaireaux, ses rescapés de la nuit. On crève en silence près du Mac Do, d’avoir trop bu. Mais on fait semblant de croire que le type dort. Les emmerdes, passé 23 h sont trop lourdes à porter.  Malgré tout, ça clignote et ça brille à s’en faire péter la rétine.   

Moi je dis que vouloir oublier quelqu’un, c’est y penser tout le temps.

Elle a souri.

Ou alors elle M’ A souri ?

Je suis pas sûr.

Bordel. L’amour, la haine, c’est la même odeur.

Je vomis ma bière dans le caniveau.

J’en finis pas de revoir son sourire pas calculé, son sourire qu’est né , comme ça, juste parce que ça lui faisait plaisir , j’en finis pas de revoir comme c’était doux  .

Je me rappelais plus que ça existait.

     

Le film était sympa comme un film hongrois en VO. Intello, quoi. Devant nous,  un géant polluait l’atmosphère en engloutissant des pop corn au caramel.

Dominique bichait. C’était un film pour elle, avec tellement de non- dits qu’elle se sentait drôlement intelligente d’arriver à suivre l’intrigue.

On est sorties de là sous l’averse et je pensais encore au tatouage du chef indien et à la danse de la pluie des tribus Cheyenne avant qu’elles ne se fassent exterminer. 

J’aurais bien dansé sous la pluie moi aussi, mais je n’ai décidément aucun talent, je chante faux, je danse pas et je me tape des soirées ciné club avec une copine intello qui finira sûrement vieille fille.

  

Elle est revenue ce soir, elle n’a fait que passer la tête au seuil du bistrot, semblant chercher quelqu’un , sa copine de l’autre fois peut-être, elle a eu une petite moue et elle est repartie. Son regard était au-dessus du mien, j’étais transparent. Armel n’existait pas.

C’est la fin du rêve.

-Vous y avez cru ? Trois mois de plus ! il aurait craché le proc.

  La rue n’est pas une fille facile. Elle hésite et se cambre et te broie le noir dans les yeux.     

<> est là, au comptoir !!!

Je finis une partie de flipper et ce soir, tout clignote dans tous les sens. Les boules sont des électrons libres qui ont décidé d’allumer tous les lampions à la fois. TILT et re TILT sur le compteur et son regard dans mon dos.  

Je sais que je lui plais. Il sait qu’il me plaît. Je sais qu’il sait qu’il me plaît.

Au comptoir, ça parle fort et ça refait le monde.  Mais quand je me retourne, il n’est plus là.

Je me marre intérieurement. Non, mais c’est vrai, je suis la meilleure scénariste du monde. Donnez-moi deux bouts de ficelle, un regard et des lampions et je vous fais le remake de Autant en emporte le vent, avec les flammes destructrices de la passion, les infamies et  le décor qui va avec.

De toute façon, il est l’heure de rentrer.

On va ranger les cartes postales des couchers de soleil sur Bora-Bora et tout ce qui fait que je carbure comme un chien fou pour un rien.

Lorsque je sors, la pluie tombe dru.

 

Trois jours qu’elle n’a pas montré le bout de son nez.

Trois jours que je suis à la rue, Fred m’a viré, cause que sa copine kabyle est revenue du pays.

Il m’a dit : «  tu comprends, tout ça, pour l’intimité, ça fait 3 mois qu’on s’est pas vus avec Kadidja. »…

Ouais. Je comprends.     

N’empêche.

L’autre soir, c’était dingue, cette nana, là, qui me tournait le dos et qui me tournait les sangs.

Dans les chiottes du bar, j’ai lu cette phrase marquée  au feutre noir sur  le mur :

«Aimer c’est ne pas avoir le soleil de tout le monde,  mais avoir le sien. »

Je t’en foutrais moi, des conneries pareilles.

  

« Hainons-nous les uns les autres. » Je déteste la tristesse des gens, ça les rend monstrueux.

 Dans la rue, tout le monde tire la gueule, l’air concentré, préoccupé, pressé.

Sinistrose générale mais moi, définitivement, je vais bien .

Je suis heureuse d’être là, heureuse de sentir l’air frais sur mon visage, heureuse de profiter de l’instant présent.

Peut-être qu’il manque l’espoir aux gens, peut-être qu’ils n’attendent plus rien, que leurs rêves sont morts.

Peut-être qu’ils ne savent plus voir…Il y a quelques heures, il était là, contre moi, dans mon lit. On n’a pas beaucoup parlé, c’était juste un flot de sensations à crû. Un débordement hormonal et romantique. Un grand besoin de tendresse. On a fait l’amour. Faut que je me le répète pour arriver à y croire.

J’avais pas tourné le dos qu’il me manquait déjà.

Il m’a dit qu’on se retrouvait ce soir, au bar, devant le flipper.

Quand j’arrive à proximité, un attroupement m’empêche de passer. Des gens la main devant la bouche pour signifier l’horreur de ce qu’ils voient, des cris, et les pompiers qui sont déjà au coin de la rue.  Mon inconscient a déjà enregistré tout ce qu’il y a à savoir, le bout de basket de la personne allongée, la forme sur le sol, mais moi, je ne comprends pas.

-Laissez passer.

Les secours se fraient un chemin .

  

                                    FIN

25 mai, 2011

Inventaire

Classé sous Bout de chemin — caloulaframboiz @ 18:07

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Inventaire  

  Hier, j’ai terminé mon gros carnet orange, celui où je note dans le désordre le plus total ce que je ne veux pas oublier.  Avant qu’il rejoigne comme les autres la boîte à chaussures, je me suis amusée à le relire. 

Pêle-mêle : Des adresses,   des n° de téléphone,    des pensées philosophiques « Lorsque je choisis, il y a en moi quelque chose qui commande et quelque chose qui obéit »,« le bonheur ne laisse pas de trace, c’est une étoile filante »   

 j’aurais mieux fait de poser ma tête contre son cœur plutôt que de lui faire cette bise à la con » …   

Des pensées du jour:j’arrrive pas à éteindre toutes les lumières sur mon visage, un vrai sapin de Noël.    C. me fait l’effet ongles sur le tableau noir. 

   Des émotions d’adolescente :  Une page pleine de petits cœurs… 

   Des plans, un d’un quartier de Barcelone, un autre du quartier de l’Opéra à Paris, dessinés de ma main(j’avoue ,je ne sais lire que les plans que je fais)    

 des trucs mystérieux : « Koyaanisqatsi Coppola »,  « Promis je le ferai plus » ,   

 Des noms de médicaments : Tétralysal, Spasmine, D stress (hum… fille trop calme)   Des regrets :  Mise en vente des places U2 20 mars à 10h,    

 Des trucs vitaux : Acheter de l’huile de lin, une bouteille d’apéro, du chèvre.    

Des remarques essentielles :  J’ai 9 stylos rouges dans ma trousse, un dans mon sac à main, deux dans la voiture !   

Des traces de jours bien futiles : Vernis, mèches, shopping   

 Des choses sans lesquelles on ne peut vivre :  La recette de l’omelette au jambon et sirop d’érable,  

Des mots de passe : « 4a52b9 », sauf que je ne sais plus ce que ça ouvre…  Un  intrigant : Continue et tu vas prendre une baffe !       Un trèfle à quatre feuilles offert par un élève.  

  Des suites de mots qui après coup semblent incohérentes : « cathédrales, lampes, corde à nœuds, pèlerin pieds nus, tandem, plaque tournante ». ( celui qui trouve le point commun gagne le droit de revenir en deuxième semaine).   

Des passages, des phrases lues, tellement belles que je les ai recopiées :On doit pouvoir se rendre écarlates. ( Noir Désir) L’amour est un chien de l’enfer. ( Bukowski) Le dernier spécimen des gentils, de ceux qui portent le feu.( Mac Carthy)     Des thèmes astraux avec des flèches dans tous les sens et des signes cabalistiques.    Des résolutions d’équations mathématiques.  

Des gribouillis informes…témoignages de longues conversations téléphoniques.    Un énorme ça m’énerveeeeeee !!! écrit sur deux pages et souligné de trois traits…  

  Des bouts de choses qui sont devenus des textes…ou pas :

Il n’est de laideur en aucun paysage. Je n’y vois que couleurs aux fugues chromatiques. Un chemin forestier, l’asphalte des routes, la poésie d’un parking, la beauté mâle d’une usine à l’arrêt.  

Des titres de livres à lire absolument :Dans la tête de Robert Smith ( Cure),La délicatesse David Foenkinos , La couleur de sentiments Katrin Stockett…

 Des dates de concert à ne pas louper :Thiefaine, novembre 2011 !!!Scorpions, novembre 2011-Santana, arènes de Nîmes, Juillet !!!

Voilà, voilà, carnet refermé, rangé parmi tous les autres.

Le nouveau m’attend, avec une jolie première page blanche.Et toujours intacts, le goût  et l’envie de tout ce qui sera à écrire et à vivre.

 

    

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