RDV en terre inconnue

Hier soir, comme sûrement des millions de français, j’ai suivi RDV en terre inconnue, avec Zabou . J’ai vu toutes les autres émissions de la série, et j’étais  » fan », mais là, comment dire? La mayonnaise n’a pas pris. D’abord, c’est un peu too much qu’à chaque fois, on nous resserve à la virgule près le même scénario: l’arrivée dans un endroit paumé – bon, OK, c’est le concept-même de l’émission, l’attente de deux hommes de la tribu, arrivant à pied ou en pirogue, l’accueil chaleureux ( depuis que j’ai appris que les gens en question sont payés, ça change mon regard, même s’il semble normal qu’ils soient dédommagés), les expériences extrêmes, la rencontre avec un homme ou une femme d’exception,les adieux avec gorge nouée et larme à l’oeil…La trame est la même pour tous les numéros, et c’est dommage.

Après, Zabou: soit cette femme est hors du commun, soit il ya eu du coupé/collé au montage. Elle s’émerveille de tout, s’extasie » oh que c’est beau! », dort par terre au milieu des chiens qui aboient et des villageois couchés à même le sol, sans broncher. Elle marche des heures sous un soleil de plomb, par 45 degrés ,mange du sorgho et boit du lait de chèvre dans un récipient douteux sans grimacer.  Si tout est authentique, je lui tire mon chapeau. Moi, sur les deux semaines de tournage, ne supportant pas la chaleur extrême, le manque d’hygiène, de me sentir crasseuse,  j’aurais bien piqué ma crise une fois ou deux.

Et puis l’homme de la situation, un des Nyangatom, qui explique que lui est prêt à aider sa femme dans les tâches quotidiennes, car il trouve que les femmes en font trop. Je reste rêveuse…ils ont dû le chercher longtemps celui-là…

Le concept de l’émission reste toujours excellent, et ça fait du bien de voir autre chose que les valeurs de l’argent mises en avant à la télé, mais faudrait voir à ne pas faire trop lisse et trop idyllique non plus.

En arrivant de l’école

J’ai mangé des cerises dans l’arbre. Des grosses, bien sucrées. J’ai testé mon nouveau transat sur la terrasse ensoleillée. Reçu un SMS d’une amie qui m’invite à faire du shoppping mercredi. Rêvassé à des choses agréables en compagnie d’un grillon planqué dans la pelouse. Puis reçu un message complètement inattendu  de quelqu’un qui fut cher à mon coeur. Y a pire pour commencer ce week-end au milieu de la semaine…

PS : C’était sans compter sur le petit voisin, qui a eu une idée géniale, essayer de reproduire Frères Jacques en tapant sur des casseroles dans son jardin… Faites des gosses, qu’ils disaient :-)

L’eau à la bouche

Finalement, faire le grand ménage de printemps, ça a du bon! Après trois gros pots de peinture appliqués sur les murs, neuf sacs de 50L de papiers et autres indésirables jetés, les rideaux changés, les vitres briquées, la pelouse tondue, la maison est toute pimpante. Du coup, hier soir, envie subite d’un bon restaurant. (Ouais, bon, le lien de cause à effet n’est pas évident, mais voilà, quoâ^^), et husband m’a invitée dans un resto gastronomique situé dans un petit village de la vallée de la Cèze. Argghhh, sourire ému et extatique au souvenir des plats qui m’ont été servis! Tout était délicieux, fin, divinement présenté, du saumon fumé par le grand chef lui-même, saumon marié à une mousseline d’asperges agrémentée de verveine fraîche- du grand art-, en passant par les rougets à l’anis étoilé, et en terminant par un dessert aux fraises, tellement beau qu’on eût dit une création pour un défilé de haute couture. Un enchantement pour les yeux et la bouche… Faudra que j’y retrourne, histoire de goûter les autres mets de la carte. -)

Edit du 30 avril: Ce soir, c’est croque-monsieur Herta et sa purée de céleri Carrefour…No comment  :-)   

 

En panne

Je crois bien que  je suis en panne.

Pas envie d’écrire. Pas envie de lire. Pas envie de déconner. Pas envie de fantasmer.  

Alors,en attendant, je deviens maniaque du ménage, moi qui n’ai jamais été tellement pointilleuse là-dessus. Je veux que tout soit immaculé, au carré, net. Y a de la névrose dans l’air. J’essaie, semble-t-il,  de contrôler ce qui peut l’être dans ma vie, c’est à dire pas grand chose. Ou alors j’essaie de remplir du vide avec du rien. 

Bref, ça sent le roussi.

Et puis cette vieille maladie orpheline qui me tient compagnie depuis 12 ans et qui me laissait peinarde depuis 3 ans,  s’est réveillée. Juste là, maintenant. ça chauffe et ça s’enflamme, ça m’empêche de dormir.

Je ne devrais pas me plaindre, j’ai l’essentiel, alors quoi?  Finalement, peut-être que je préférais encore avant, quand je pleurais et que j’avais le coeur brisé, au moins ça voulait dire que je vibrais.

Là, je n’imagine rien, je n’ai pas l’espoir que… ,je n’attends rien. Parfois, je ferme les yeux et je me dis : » allez, imagine, fais-toi ton petit cinéma, projette -toi dans une scène de rêve, dans un endroit parfait…Rien ne vient, aucun désir. Alors, n’imagine pas, refais-toi un petit coup d’avant, une de tes scènes cultes à toi, que quand tu la revois dans ton esprit, t’as encore la larme à l’oeil. Pas envie…Peut-être que finalement, la vie est comme ça, avec des successions de moments fous et de creux de la vague, qu’il suffit d’attendre.      

En attendant, je range et je nettoie. Je veux que les rainures des portes-fenêtres soient étincelantes et  que mon lit  soit au carré. OMG.

 Relativisons, j’aurais pu me mettre  à  faire la collection des dessous de verres  ou pire, devenir fan de Julien Lepers. ^^

Les petits bonheurs ( la suite)

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Doisneau, les coiffeuses

Marcher sous la pluie. 

Manger des framboises. Du chocolat. Ou les deux. 

Faire la sieste. Prendre un livre après la sieste et lire :  » En Provence, le soleil se lève deux fois, une fois le matin, et une fois après la sieste, » …alors qu’aujourd’hui est  jour de pluie.  

Etre de connivence avec mes élèves. Plaisanter avec eux, leur expliquer que non, le bassin parisien n’est pas une piscine, que c’est la mer Caspienne et pas casse-pied, leur raconter l’origine du mot sandwich et la déclaration des droits de la femme et de la citoyenne…Croiser le regard malicieux de Romain lorsque je rappelle qu’on DOIT tracer les traits à la règle. ( « Tu dis ça spécialement pour moi, maîtresse? »). Les entendre dire: «  Déjà 11H30???? ça passe trop viiiite!!! »

Envisager sérieusement d’accepter l’échange de poste avec un collègue canadien.

Ecrire avec un stylo-encre. Se rappeler qui nous l’a offert et sourire béatement…

Regarder une photo oubliée de quand on avait 15 ans et se dire qu’on a bien fait de vieillir.

Acte I, scène 3

Pour ceux et celles qui ont raté le début des aventures trépidantes de Calou et du Dr Ross*, j’ai essayé de mettre le lien de l’article s’y rapportant, mais je n’ai pas réussi. (Et dire que je fais passer le B2i à mes CM2, lol) Enfin, bref, pour résumer, début janvier, j’ai sauvé d’un enfermement effroyable ce monsieur, car sa belle était partie bosser avec ses clefs et l’avait bouclé chez lui…puis, en fin de semaine, je l’avais retrouvé en tant que médecin radiologue, et du coup, il avait été autorisé à palper longuement ma poitrine…

Acte I scène 3

Vendredi soir, je sors de l’école, épuisée et triste, malgré le week-end qui s’annonce. Cela fait trois semaines que mon fiston d’amour n’est pas rentré de Montpellier et il me manque horriblement. Je suis la dernière à quitter les lieux, et je retrouve ma voiture sur le petit parking de l’église attenant à l’école. Silence total dans les environs, pas même  un chien qui aboie ni une mobylette qui passe sur la route en  contre-bas . Les joies de la France profonde…Je monte dans mon véhicule, mets le contact et la radio, et là, fiston d’amour me téléphone pour me dire que finalement, il va rentrer, qu’il sera à la maison d’ici deux heures. WAOOOOW, je suis tellement contente que je sors de la voiture, je pousse un cri de joie et j’entame une petite danse sur place…jusqu’à ce que j’entende:  » Bonsoir! » Je me retourne et …Dr Ross est là, sortant de sa voiture que je n’ai pas vu arriver, et visiblement,  il se marre…

Je sens que j’ai l’air très très bête, alors, très très bêtement, je me justifie: c’est mon fils, il va rentrer de Montpellier, tout ça…il sourit…il me dit qu’il a sa fille est au lycée, mais qu’il se doute que la séparation ne doit pas être facile… Je confirme…il est déjà bronzé, il a dû partir à la neige. Sa voix est douce, et ses dents blanchisssimes… On échange encore quelques phrases, puis je lui souhaite un bon week-end avant de remonter dans la voiture. Je passe près de lui tandis qu’il se dirige à pied vers sa maison. J’ai droit à un beau sourire et un petit signe de la main…      

 

Nebraska song

Nebraska song nebraska2-185x300La copine m’a prêté ce livre la semaine dernière, me le recommandant chaudement. Elle m’a expliqué qu’elle avait pleuré à chaudes larmes en lisant le dénouement , et aussi en essayant de résumer l’intrigue à son mari..

Le sujet du bouquin pourrait tenir en  une question: que feriez-vous si vous retrouviez, vingt-sept ans après, votre premier amour? 

Judith, à 44 ans, vit à Los Angeles auprès d’un mari qu’elle soupçonne d’infidélité et de leur fille, avec laquelle elle n’arrive plus à communiquer. Elle retrouve la trace de son premier amour, connu dans le Nebraska, et ils s’y retrouvent, après 27 ans de silence. Lui est gravement malade et n’en a plus pour bien longtemps.

Franchement, le livre m’a laissé de marbre. Pourtant, au départ, ça paraissait une de ces histoires alléchantes pour filles un brin guimauve…Que l’auteur, Tom Mc neal, soit un homme, semblait encore plus prometteur. Mais je m’y suis ennuyée de bout en bout. Je n’ai pas cru aux personnages, ni à leurs dialogues, ni aux rebondissements, j’étais spectatrice  de ce que je lisais. Après, que ça ait arraché des larmes d’émotion à la copine, je l’explique par les similitudes avec sa propre  histoire personnelle…

Retrouver son premier amour vingt-sept ans après..mouais….je suis sceptique. Passée la curiosité légitime – qu’est-il devenu? à quoi il ressemble aujourd’hui? , il me semble que ce que nous étions il y a vingt-sept ans n’a plus grand chose à voir avec ce que nous sommes aujourd’hui. Tout au long de notre vie, nous sommes une succession de personnages semblables et tellement  différents. Et puis ce doit être terrible de confronter quelqu’un à ce qu’il est devenu dans nos souvenirs, embelli, enjolivé…En même temps, je connais deux personnes pour qui, ces retrouvailles se sont suivies d’une belle histoire. Alors…Il y a peut-être ces histoires d’amour qui se sont terminées trop tôt, ou sur un malentendu, ou parce que ce n’était pas le bon moment, et à qui il faut une deuxième chance.

Un bout de ciel bleu

Je teste la pauvreté d’un monde sans rêve:  quand je me cantonne à dire que dehors le ciel est bleu, et que la route est goudronnée. Point final. Pas de fioriture, pas de dentelle, pas de petits nuages en forme de, pas de points de suspension. Te souviens-tu combien on en mettait partout, des points de suspension, par pudeur, pour ne pas dire toute l’émotion, pour laisser courir l’imagination par-dessus la distance qui nous séparait. Un vrai piège à filles, ce truc-là…

L’imagination, je ne l’ai pas perdue: je fais des efforts pour la dominer, la canaliser. Parce qu’à trop la laisser vagabonder des heures entières, je trouvais la réalité tellement sage. Tellement prévisible. C’en était triste à pleurer. Dans mes rêves éveillés, il y a toujours des rencontres incroyables, des coups du coeur et des trampolines géants. Il y a une chambre avec vue sur l’océan, ses petits rideaux marins bleus et blancs…L’odeur des draps frais…. Il y a une petite table pour deux au fond d’un café, à l’abri des regards, de la lumière dorée qui tombe pile sur mes cheveux blonds, des attentes fébriles dans des parkings charmants, à l’ombre de platanes séculaires, il y a des cigales infatigables et le bruit de l’eau qui court. Il y a des flaques d’eau qui miroitent au soleil. Des dialogues percutants, alors qu’en vrai, grande timide hyperémotive, je bafouille lamentablement trois borborygmes dans les situations trop émotionnelles. Avec de l’imagination, je repeins à grands coups de rouleau, je crée les décors, les dialogues, d’incroyables rebondissements, des attentes,des larmes, la boule- oeuf- dur coincée dans la gorge, les révélations, des fins heureuses… à y être, n’est-ce pas..Bref,faut arrêter d’imaginer!

Sauf que. Je me prends souvent en flagrant délit. Un rien qui fait repartir la machine infernale. Je croyais avoir froissé D…, un ami conseiller pédagogique avec qui j’ai toujours été complice. Une histoire de mail où l’on ne s’était pas bien compris. Faut dire qu’il est susceptible. Et puis, hier, il m’appelle à l’école… »D. veut te parler, il  dit qu’il en a pour  une minute » me dit la dame de la cantine, en  proposant de garder mes élèves pendant que je réponds. Bon, bon, ce fut beaucoup plus long,il parlait, il parlait, de trucs pas importants, -du genre j’ai oublié de m’inscrire à une réunion-, et  je sentais son sourire de l’autre côté du fil… il passera dans ma classe d’ici la fin de la semaine, pour me donner quelques conseils sur le blog de ma classe,  » mais il est déjà génial« , et  » il n’y en a pas beaucoup dans la cironscription de cette qualité » … Seduction touch, nooon? ^^De retour en classe, j’ai repris mes explications: pour quelles raisons on a créé les départements français… Sauf qu’on s’en fout… sauf que j’ai pas le temps d’analyser ce qui vient de se passer, faut enchaîner, vite… déjà que j’aime pas la géographie… Perturbée, la Calou…

Non, non, on a dit les faits, rien que les faits. C’est un conseiller . Il fait son boulot. Point.   Je souris à Romane en train de réfléchir à ses conversions, le crayon en l’air et elle me rend un sourire lumineux. Lisa, elle,  me rend un travail bâclé et la collègue dans la classe voisine se fâche contre un élève qui « a  mal à la tête dès qu’il faut se la creuser ». C’est drôle, et je sens monter le fou rire.

Sonnerie de fin de journée. Dehors, il fait beau, presque chaud, et la lumière plus crûe est bien celle du printemps. Tous les collègues restent là, dans la cour, à papoter…Personne  n’a envie de rentrer tout de suite corriger les cahiers. On plaisante, des papas d’élèves attardés se hâtent à grandes enjambées. Je crois bien que le ciel n’est pas que bleu aujourd’hui.

Adam et Eve

 Voilà, j’ai vu ma première comédie musicale. A 48 ans. J’étais pleine d’ a priori sur ce genre de spectacle. C’est souvent kitsh. Les paroles tuent. Et puis aussi, ils chantent ce qu’ils viennent de dire. (dans le donjoooon, copyright Gad El Maleh). D’un autre côté, j’ai toujours aimé la  voix de Thierry Amiel, et j’y allais avec une dizaine de copines. Bref, ouverte à tout, je ne demandais qu’à voir pour me faire une opinion.

Je n’ai pas été déçue. Ce fut même tout le contraire. Le spectacle était partout: sur scène, dans les airs, avec des numéros très aériens et poétiques qui m’ont fait penser au cirque du soleil ( j’ai appris après que le chorégraphe du spectacle est justement le  même que celui du cirque du Soleil), spectacle aussi dans le public, avec les traversées des danseurs entre les rangées.  C’est très coloré, enlevé, les musiques sont carrément rock pour certaines, mais difficile de ranger le genre dans une case tant on côtoie de styles différents. Musique électro, tendres mélodies, et un Bollywood de folie qui a emporté et séduit tout le monde. Les voix des chanteurs sont au top et sur le piano voix de Thierry, on a senti un frisson parcourir les gradins.Bon, oui, les paroles sont de Obispo, donc on a droit à you’re the one for me, I’m the one for you, mais finalement, ça ne gâche pas le plaisir qu’on a à suivre cette histoire très manichéenne.

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J’avais le sourire tout le long, pas assez d’yeux pour regarder partout et ne rien rater. Les danseurs déboulent et se lancent dans des acrobaties périlleuses, le décor change sous nos yeux et on se laisse emporter par la magie du moment. Deux heures trente de spectacle sans une minute d’ennui, standing ovations à la fin, et puis on se retrouve dehors ,sous la pluie, simplement ravis d’avoir été là. Comme quoi, on peut passer de Metallica à Adam et Eve et au prochain concert de Rammstein sans sourciller, tant qu’il y a du plaisir…

 

Coup de théâtre^^

Acte I, scène 1                   Mardi 3  janvier, 7H45

C’est la reprise, après deux semaines de vacances. Je me gare, me dirige vers l’école avec mon gros cartable sous le bras quand j’entends:  » Eééééééééhhhhh!!! Ohhhohoh!!  » Y a un homme, penché à la fenêtre du premier étage d’une jolie maison provençale  et il me fait de grands signes. Je m’approche, il m’explique que sa compagne est partie en fermant à clef derrière elle, que ses clefs à lui sont dans sa voiture en contrebas, et que du coup, il se retrouve enfermé chez lui. Il me jette les clefs de sa 308, et me voilà à farfouiller dans sa boîte à gants . Je trouve les clefs, monte lui ouvrir. Il se confond en remerciements. Quant à moi, je suis au bord du fou rire tant la situation est cocasse.

Acte I, scène 2            Vendredi 13 janvier, 13H45

Salle d’attente de la radiologie, à l’hôpital. Faut être sacrément optimiste pour avoir rdv un vendredi 13 pour une mammographie, surtout quand on s’est découvert une petite boule au niveau du sein droit. En même temps, je ne me voyais pas attendre un mois de plus pour un autre rendez-vous, alors… Je passe  sur les joies de la mammographie, ou, pour les non-initiés, comment, à partir d’une poitrine 90B obtenir entre deux plaques glacées deux crêpes horriblement douloureuses. « Ne respirez pas! Ne bougez pas! »Bruits bizarres, puis  » Ne vous rhabillez pas, je confie les clichés au docteur D., il y en a pour quelques minutes. Je me retrouve seule, dans la pénombre, à demi-nue. Je me gèle. Oui mais elle a dit de ne pas se rhabiller. C’est quoi cet appareil derrière moi? ça fait combien de minutes là? Et si…? Merde, je n’avais pas éteint mon portable. Bon, alors, il fait quoi le toubib? Je suis gelée et en même temps, des gouttes de sueur perlent le long de mes bras. Mon trouillomètre doit être au maximum… Douleur à l’estomac. J’attends. J’attends. Put**, doit vraiment y avoir un problème…La porte s’ouvre, c’est la manipulatrice: passez à côté, le médecin va vous faire une écho supplémentaire. Bon, je respire un grand coup, sinon je vais mourir pour cause d’apnée prolongée avant d’avoir les résultats. Il fait encore plus froid dans la salle d’à côté. Et j’attends. j’attends. Sur l ’appareil laissé allumé, je peux lire tous les noms des patients qui m’ont précédée, et l’examen qu’on leur a fait: bonjour la confidentialité! Et puis la porte s’ouvre: Surrrrrrpriiiise!!!! C’est l’homme que j’avais aidé dix jours plus tôt, coincé chez lui!!!  Aaaahhh, mais c’est vous!!!! » Il me fait un grand sourire, me rassure tout de suite, c’est un kyste bénin qui ne nécessite aucun traitement. Mes neurones se reconnectent alors les uns aux autres, et j’arrive à apprécier l’incroyable de la situation:  lorsqu’ il me tâte la poitrine longuement ( et en douceur! ^^) je me dis que je n’aurais jamais parié sur ça dix jours auparavant! Il  me fait l’écho en prenant soin de tout bien expliquer. Je suis soulagée, et me sens un million de fois plus légère qu’en arrivant. Je me marre en constatant les hasards de la vie, et cette fois-ci, c’est moi qui le remercie chaleureusement….


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