Carnet de route de Caloulaframboiz

11 août, 2021

Le bateau coule …

Classé sous Réflexions qui n'engagent que moi — caloulaframboiz @ 11:40

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« La vieillesse, c’est pas pour les mauviettes »  disait Bette Davis.

Tout est dit.

A l’heure où mes parents additionnent les pépins dûs à l’âge dans un long cortège sans fin -DMLA-glaucome sévère-arthrose- tension-kératose-dépression-…faut que je me rappelle que je ne serai plus jamais aussi jeune qu’aujourd’hui!

31 juillet, 2021

Tenue de Soirée

Classé sous Humeur — caloulaframboiz @ 18:55

La soirée est morose et elle se sent seule bien qu’entourée d’une centaine de personnes. C’est une guinguette en plein air. Musique des années 80, sauf que si elle avait dansé dans les années 80 sur D.I.S.C.O ou Funky Town, on l’aurait traitée de ringarde. Cela n’aurait pas été possible. A l’époque, elle écoutait Téléphone,AC/ DC et les Clash en mangeant des pizzas, même JJ Goldman c’était limite, c’est dire…

 Les vieux esseulés tentent toutes les approches possibles, les jeunes fuselées comme des bombes atomiques déchirent par leurs chorés provocantes. 22h30 et elle a déjà l’impression d’avoir passé la nuit là. La musique est tellement forte qu’on ne s’entend pas parler. Ses voisines de table ont l’œil rivé sur leur téléphone portable…Le couple de vieux beaux à côté sirote du champagne d’un air détaché en alignant les clichés : chaussures et pantalon blancs pour lui, cheveux en catogan pour cacher sa calvitie naissante; sac Chanel et combinaison de couturier pour elle… Elle assiste à la série des danses en ligne : jérusaléma- madisson, c’est hallucinant de voir la frénésie des gens à danser au pas. Tous les mêmes, en même temps….elle sait qu’elle est de mauvaise foi, ça peut être marrant ce genre d’exercice quand on est dans l’ambiance. Derrière, la femme s’asperge de citronnelle, sa copine se gratte le tatouage dans le dos à l’aide de sa fourchette, ambiance, ambiance…

Minuit, et il pluviote. Ah tiens le DJ se bouge. Earth wind and fire : Do you remember, September… Elle se lâche sur le dancing floor. Elle prend de la place et tournevolte. Il pleut et elle s’en fout. Soudain, il est devant elle. Elle ne l’a pas vu avant. Il ressemble à un acteur de série française, je sais ça fait pas très vendeur dit comme ça, dans la série, il joue un bad boy toujours dans les coups louches mais gentil quand même.

Elle a toujours eu un faible pour les bad boys . Sûr que quand elle sera à l’EPHAD, elle copinera avec le nonagénaire qui fera du trafic de compotes…

Il a un petit sourire amusé quand il croise son regard. Voyage! voyage! lance Desireless, alors elle ajoute les gestes aux paroles : «  chez les Black, chez les Sick, chez les Jaunes… » il se marre et les gouttes s’atomisent sur leur front chaud. Là-bas, les copines veulent rentrer, c’est ce que disent leurs bâillements  discrets. Sauf que DJ Franck a sorti sa botte secrète : Ahhahh ahh…  les premiers accords de The power of love…  Il fait une mimique, tend les bras vers elle. Merde, on n’est pas dans un film ?

I’ll protect you from the hooded claw/Keep the vampires from your door/Feels like fire/I’m so in love with you

Il sent bon, pas le parfum, il sent juste la fin de soirée  où on n’a pas trop abusé. Ils sont là, enlacés, il pleut , ah bon ?  Il ne lui parle pas, ah si, juste une phrase, juste avant la fin du morceau : «  et dire que j’avais failli trouver la soirée nulle… »

27 juillet, 2021

Atteindre des sommets

Classé sous Bout de chemin — caloulaframboiz @ 14:46

L’exploit, ça n’a pas été de monter au lac des Estaris, ça a été d’en descendre. J’étais pourtant partie avec mes jambes de 20 ans, mon sac à dos neuf, mes bâtons, mes carreaux de chocolat anti crampes, et ma veste chaude en cas de froid tout au sommet. Presque 800 m de dénivelé, on fait une pause aux lacs de Jujal, on bavarde avec un pêcheur qui est monté par le téléphérique. On monte encore, lacs Jumeaux, lac Long, lac des sirènes, lac Profond, il y a tellement de lacs de montagnes qu’ils doivent faire  des concours le soir pour leur trouver des noms. Au sommet, au lac des Estaris, beauté minérale, et vent glacial en ce 18 juillet. Sur l’autre rive, des névés s’accrochent aux berges. L’eau est métallique, les nuages trempés dans l’acier. On touche les sommets !

estaris

 On se réhydrate, on attaque la descente. La première heure, tout est parfait, les petits cailloux roulent sous mes chaussures, j’ai le rythme et le pied sûr. C’est après que ça se gâte, la douleur au genou gauche s’ installe, douleur sur le côté, puis douleur sur la rotule…à chaque pas, je grimace. Il nous reste au bas mot deux heures de descente. Va falloir t’accrocher ma grande. Je biaise, j’appuie plus sur les bâtons. Je calcule où je pose le pied. Moi qui suis toujours devant, je suis à la traîne, on m’attend. Pas le choix, faut que je descende. A force de compenser avec le côté droit, j’ai maintenant aussi mal au genou droit.

On me propose un raccourci. Plus court sur le chemin, mais j’ai droit à un passage délicat pour lequel il faut s’accrocher à une corde, se hisser jusqu’à une croix bleue (la croix des Schtroumpf essaie-t-on de me faire rire) et redescendre à pic de l’autre côté avec mes deux genoux en vrac. Je promets à celui qui m’a proposé ce Highway to hell de lui faire bouffer les concombres qu’il déteste. Ça me lance, je serre les dents. La station apparaît au détour d’un lacet, encore bien lointaine. La descente est abrupte. Je laisse trop d’énergie à lutter contre la douleur, mes jambes tremblent. On multiplie les pauses, je prends deux Doliprane. Pas à pas, concentrée sur chaque geste, je finirai par arriver au parking, lessivée.

Les plus belles victoires ne sont pas finalement celles qui conduisent au sommet. :-)

6 février, 2021

Ma coiffeuse

Classé sous Bout de chemin — caloulaframboiz @ 18:34

Ma coiffeuse s’appelle Agnès. C’est une gentille. Elle parle, elle parle, elle parle tout le temps. Comme toutes les coiffeuses, elle parle de la pluie et du beau temps, du virus qu’est pas bien mort et qui reviendra, de ses enfants et petits enfants, de son beau-père qu’est mort de l’autre côté de la France et qu’on a enterré à la va vite… Ce soir-là, un dernier client arrive alors qu’elle finit de faire mes mèches. Il a du mal à parler, à articuler, il semble handicapé mental. On comprend que c’est sa sœur qui a pris rendez-vous pour lui, qu’elle viendra le chercher tout à l’heure…Elle s’occupe de lui le temps que les mèches prennent.

Et là je me dis que si c’était moi la coiffeuse, je ne saurais pas trop comment m’y prendre avec lui, je serais gauche…Elle l’installe, lui demande ce qu’il souhaite, il baragouine qu’il veut court mais pas trop… Et là, elle m’épate. Elle engage une vraie conversation avec lui, où il travaille (il est aide cuisinier aux Violettes, un institut psy), si c’est pas trop dur avec le masque, s’il veut juste comme ça au-dessus des oreilles, elle lui raconte que son voisin travaille aussi dans les cuisines collectives du collège, qu’il y a de gaspillage, que sa sœur pourra se garer facilement à cette heure-ci, et elle s’intéresse  à ce qu’il fait , elle reformule ce qu’il dit, et bla bla, bla, une conversation ininterrompue, avec lui qui avait beaucoup de mal à articuler en arrivant mais qui semble se détendre, et elle qui donne l’impression qu’elle le connait depuis  des années. Je suis admirative. Elle rebondit sur chacun de ses propos, une artiste.

Elle a un vrai talent que je n’ai pas.

20 octobre, 2015

Les vieux, ce n’était pas original …

Classé sous Non classé — caloulaframboiz @ 9:02

Je devais récupérer une personne âgée dans une maison médicalisée samedi après-midi, à 14h30. A l’entrée, en guise d’accueil, de beaux portraits de vieux, tous souriants, malicieux, empreints d’une certaine grâce. Beau travail de photographe. J’essaie de trouver un membre du personnel pour me donner le numéro de chambre…personne dans les parages. J’avise un groupe de personnes, moyenne d’âge 90 ans, assis dans une pièce. Certains sur des fauteuils roulants, d’autres le regard dans le vide, une a la bouche ouverte…manque plus que le filet de bave. Je choisis celle qui me parait la plus  amène:  » Bonjour, vous pouvez peut-être me renseigner, je cherche la chambre de M. Martini? «   « Attendez, me dit-elle, on va demander. » et elle, à la cantonade:  » quelqu’un sait la chambre de M. Martini? » 

Les hébétés restent hébétés…celle à la bouche ouverte l’ouvre un peu plus et me fait un sourire édenté… là-bas, une voix répond:

 » Qui???

-M. Martini!!!!

-Hein?????

Une autre,  encore en chemise de nuit: -Mais qu’est-ce qu’elle dit? »  

Je sens le fou rire monter. Venez, me fait la vieille dame, on va essayer de trouver une infirmière… et la voilà partie. Le froutch -froutch feutré de ses chaussons frottant l’un contre l’autre  me guide à travers le dédale des couloirs.  » A cette heure-ci, elles sont au café » m’explique-t-elle. Des portes fermées, d’autres ouvertes sur des télés criardes, des grabataires esseulés, des meubles rapportés de la maison pour rompre la monotonie du mobilier officiel. Un dernier recoin, et le groupe des infirmières, au soleil sur la terrasse. Pause café-cigarette, elles sont toutes jeunes et se marrent. 

30 juillet, 2015

Jean Ferrat

Classé sous Non classé — caloulaframboiz @ 18:44

Mes parents me racontent leur balade au lac d’Issarles, en Ardèche, à la recherche d’un peu de fraîcheur. De retour, ils ont tenu à s’arrêter à Antraygues sur Volane, le petit village où est enterré Jean Ferrat.

« C’est un petit cimetière de campagne, écrasé de soleil, avec des herbes qui t’arrivent aux genoux. On a fait deux fois le tour, sans voir sa tombe, et puis, tout au bout, un petit escalier qui monte jusqu’à un surplomb, et quelques personnes rassemblées. On s’est dit que ça devait être là…Une pierre tombale très sobre, sur laquelle est gravée son nom à la ville, Jean Tenembaum, une photo, des fleurs; quelques anonymes réunis un soir d’été, émus. »

Un passage obligé pour mes parents,toute une histoire pour moi…celle du premier tourne-disque orange-années soixante-dix qu’on m’avait offert, accompagné du 45 tours de La montagne passé en boucle, face A et face B… et tous ses autres succès qui nous ont accompagnés, mon frère, mes sœurs et moi,  tout au long de notre enfance. L’histoire du Potemkine, racontée par mon père, parce que je ne comprenais pas les paroles…celle de Nuit et brouillard, qui me fait frissonner  chaque  fois que je l’entends…les paroles, sa voix grave reconnaissable entre mille… et Que serais-je sans toi, LA chanson d’amour que je préfère…

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23 avril, 2015

C’est le printemps

Classé sous Bout de chemin — caloulaframboiz @ 17:35

rosier grimpant

Plafond végétal sur ma terrasse…Tout est vert, tout est fleuri et pète le feu. La nuit, à la recherche du sommeil, je rôde par là, et ça bruisse là-dessous de mille et un bruits d’oiseaux venus s’y réfugier.

11 juillet, 2014

La vie, c’est pas du cinéma

Classé sous Humeur — caloulaframboiz @ 18:06

Fin de l’année scolaire; les deux petites néo-zélandaises qui ont passé l’année chez nous repartent dans leur pays. En passant devant leur maître, l’une d’elle s’écrie avec un accent pas possible:  » Au revoir, maitresse! »   ….On a dû rater quelque chose au niveau du bain de langue…

Je suis partie de ma classe pour 7 semaines de congé sans dire au revoir à qui que ce soit. En fait, c’était même pas prémédité, lorsque la cloche a retenti, les enfants sont partis en courant, un peu parce que les vacances, un peu aussi parce qu’il pleuvait des trombes d’eau et qu’on aurait eu du mal pour les effusions dans la cour de récré…Et puis je suis revenue dans ma classe, j’ai débranché l’ordinateur, fait mon sac, éteint les lumières et je suis partie. Ce n’est qu’une fois en voiture que j’ai réalisé. Je n’ai dit au revoir à PERSONNE. Wild girl!

Peu à peu, les fils du travail se défont. Je casse le rythme, me lève plus tard, commence à prévoir des choses pour me faire plaisir. Passer chez le libraire acheter des romans, prendre des billets pour le festival d’Avignon, écrire les nouvelles qui me trottent dans la tête. Aller de l’avant, être curieuse de tout. 

Et avec tout ça, le Brésil qui perd 1-7 contre l’Allemagne;  je me suis fait insulter parce que j’ai dit que j’aimais bien la coupe du monde de foot, ma voisine quittée par son mari après 16 ans de vie commune, et qui pour le lui annoncer, choisit de lui envoyer un mail;  un rêve un peu dingue où je fais la causette avec Johnny Halliday à l’arrière d’une Aronde…

Au festival d’Avignon, l’impression de retrouver de vieilles connaissances. La même foule bigarrée, les mêmes spectacles déjantées, les mêmes têtes connues. Premier spectacle, premières émotions: Quentin, Woody, Steven et moi, de Nicolas Maury, ou 70 minutes pour nous démontrer que la vie , c’est hélas, pas du cinéma… Dommage! ça aurait de la gueule de se quitter avec des répliques bien senties, de retrouver l’amour de sa vie avec, en fond musical,  une musique lyrique, de mourir en ayant juste le temps à la dernière seconde de dire LA phrase qui va scier tout le monde, de ne pas à avoir à attendre des années  pour retrouver celui qu’on aime mais juste quelques minutes; ça aurait de la gueule de se retourner à l’aéroport et de voir que finalement, il préfère rester que partir, et de pouvoir rejouer la scène différemment en changeant juste ce qui n’allait pas.  ça serait pas mal si le mec-à-qui-tout-sourit- pouvait tomber amoureux de la femme de chambre plutôt que de la soumettre, si on pouvait remonter le temps histoire de changer l’aiguillage au moment où ça a commencé à foirer…

Allez, demain, autre spectacle, autre humeur. :-) Lilith, celle qui a été bannie et qu’on a remplacée par Eve…je sais pas du tout à quoi m’attendre!

9 juin, 2014

De la poésie des parkings de supermarchés

Classé sous Bout de chemin — caloulaframboiz @ 16:42

Cela commence comme une histoire ennuyeuse à mourir. Vendredi passé, je vais faire le plein essence à la station Carrefour puis je me gare sur le parking attenant pour faire des courses. Vie trépidante de la ménagère de 50 ans… Sauf que lorsque je sors de mon véhicule, un homme m’aborde :

 » Décidément, on se suit! »

-Pourquoi vous dites ça?

-J’étais juste après vous à la station service.  »

 

J’acquiesce. Je n’ai pas du tout fait attention à qui était après moi à la station service. Je rentre dans le supermarché, j’achète, je rencontre quelques connaissances, je papote, et j’attends mon tour pour passer à la caisse. Lorsque je tourne la tête, le gars du parking est là, à la caisse voisine et se marre:  » -Décidément! »

Je ris aussi, c’est vrai, c’est drôle!  Je paie, rencontre un parent d’élève accompagné de sa fille à la sortie, nous discutons quelques minutes. Arrivée à la voiture, je remarque un petit papier accolé à mon pare-brise: un 06 avec un smiley sourire. Le gars du parking! ça me fait  sourire, et j’aime bien le petit côté « romantique » mêlé à la loi des possibles.

Le soir, je raconte l’anecdote à une copine, qui me demande comment est le gars en question. Et là, je réalise que je suis incapable de le décrire. Il est ni  vieux ni jeune, ni grand ni petit, ni gros ni maigre, il est brun. Bref. Il m’a laissé dans une indifférence totale. L’électro-encéphalo-grammme  plat. La copine insiste: tu devrais l’appeler, pour voir… Pour voir quoi?

Je ne cherche rien.Surtout pas ça. Je ne l’ai pas appelé.

Et puis ce matin, retour aux courses. Juste besoin de quelques fruits et légumes. Je croise Monsieur accompagné d’une femme. Monsieur a eu l’air surpris en me voyant et puis il a précipitamment tourné la tête.

La morale de l’histoire est que… ah ben, non,c’est vrai,  y a pas de morale :-)

16 mai, 2014

L’amour, quand on a dix ans

Classé sous Humeur — caloulaframboiz @ 20:13

Chaque année, c’est pareil: le dernier trimestre, mes CM2 font une poussée d’hormones. Ils vont bientôt quitter l’école primaire, ils ont grandi, les filles me racontent en catimini qu’elles ont leurs règles et les garçons ricanent bêtement entre eux… Carla, revenant de vacances de Pâques, me raconte, la mine désolée: « tu sais maîtresse, tous les soirs pendant deux semaines, je suis allée attendre Grégoire pour jouer sur la place, et il n’est pas venu. Il ne m’avait pas dit qu’il devait partir à la mer. » Si c’est pas de l’amour, ça…On voit déjà se profiler la pauvre fille qui n’a pas fini d’en baver, et le beau gosse qui va les faire se damner…La rivalité entre filles s’instaure. Il faut attirer l’attention des garçons: et que je fais tomber à l’insu de mon plein gré la bretelle de mon soutien-gorge 55A , et que je me remets du gloss en douce … Une gamine a même proposé de l’argent à la préférée du moment du bogoss pour que celle -ci ne joue plus avec lui… Aujourd’hui, bogoss était absent, curieusement, toutes mes filles se sont remises sérieusement au boulot… soupirs…

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